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Le Pays N° 5435 du 5/9/2013

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Fermeture des cités et restaurants et cités universitaires
Publié le vendredi 6 septembre 2013   |  Le Pays


Les
© Autre presse par DR
Les étudiants de l’Université de Ouagadougou


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Ils ont certainement été condamnés « conformément » à la loi n°026-2008/AN portant répression des actes de vandalisme commis lors des manifestations sur la voie publique. Environ 50 étudiants, ils ont été entendus et déférés a la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) suite à leur manifestation contre la décision du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) de fermer les cités et restaurants universitaires pendant deux mois. Ils sont actuellement en liberté provisoire. Mais où logent-ils ? Nous avons rencontré certains sur quelques sites, le 3 septembre 2013, pour nous en- quérir de leurs conditions de vie.

La Loi n°026-2008/AN portant répression des actes de vandalisme commis lors des manifestations sur la voie publique a certainement été le support juridique pour envoyer une cinquantaine d’étudiants à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou( MACO) pour avoir manifesté en brûlant et saccageant des biens publics pour dire non à la volonté des responsables du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) de fermer les restaurants et cités universitaires pour la période des vacances universitaires. Ces étudiants qui avaient été emprisonnés, sont actuellement en liberté provisoire. Pour nous imprégner de leurs conditions de vie après leur relaxe, nous leur avons rendu visite sur quelques sites le 3 septembre 2013.
Quelque 17 sites accueillent les étudiants sans logis après la fermeture des cités universitaires. Parmi ces étudiants, figurent ceux qui étaient détenus à la MACO. A Nioko II, habitent certains dont Philippe Fiero en 1re année Anglais et Bernard Nanama, en 1re année de Philosophie. Pour ces deux, désormais ex-détenus en attente de leur dernier procès de la Justice burkinabè, cela s’entend. Ces deux « cambodgent » dans une pièce chambre-salon qu’ils louent à quatre à 3 500 F CFA sans eau courante et sans électricité et chacun contribue en fonction de ses revenus du moment. L’eau, ils se la procurent aux bornes-fontaines publiques dans des bidons à raison de 10 F CFA le bidon de 20 litres. Le problème, selon eux, c’est la question de la restauration. Sur cette question, c’est le système « ballon au centre », selon leur jargon, qui consiste à faire avec ce qu’ils ont : du riz, un peu de piment, de l’oignon… Souvent, comme le lundi 2 septembre, « nous n’avons pas eu d’argent pour acheter les condiments ; nous avons préparé de la bouillie de riz que nous avons bue sans sucre. Nous essayons de faire avec ». Et de poursuivre : « notre regret est de n’avoir pas pu prendre part aux concours directs de la fonction publique. Alors que cette année pouvait être notre année de chance, mais la période nous a trouvés en prison ». Revenant sur leurs conditions de vie, ils nous confient que leur séjour « 4 étoiles à la MACO est nettement mieux avec quatre repas par jour, même si le début n’a pas été facile, par rapport à la situation actuelle où, pour avoir un repas normal, c’est difficile. A la MACO, le régisseur a été sensible, sinon au début nous étions dans une cellule où nous ne voyions même pas le soleil. Mais nous avons été, par la suite, relogés dans de meilleures conditions. Notre situation de non-liberté était mieux que notre situation actuelle. Nous sommes dans une autre forme de prison ». Leur vœu c’est que de « bonnes volontés fassent quelque chose pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Pour les aides, nous nous voyons mal en train d’aller vers les services de l’Action sociale et de la solidarité nationale car, nous voyons en leur appel une sorte d’hypocrisie. Ce sont les mêmes qui nous ont chassés des cités et ce sont les mêmes qui reviennent nous proposer de l’aide ».
Serges Bayala, de la FESCI-BF, n’était pas en prison mais dit être un acteur de la lutte pour la dignité des étudiants. Il dit être parmi ceux qui ont soutenu, étant hors des geôles, la libération de leurs camarades. Lui, il se dresse contre les textes qui ont prévalu à l’emprisonnement de ses camarades. Ces « textes, rédigés dans le contexte de la lutte contre la vie chère en 2008, sont liberticides. Pour ce qui concerne le soutien aux étudiants, dès les premiers instants, nous avons lancé un avis pour mobiliser des fonds avec le soutien du Centre de presse Norbert Zongo et Semfilms où des sites d’hébergement avaient été installés. Au premier lancement, nous avons pu récolter auprès des associations et des partis politiques une somme de 1 145 000 F CFA qui a servi à l’achat de deux tonnes de riz, des sachets de spaghetti et tout ce qu’il y a comme provisions à faire tels l’huile, le savon… pour tous les sites. Nous avons dénombré 14 sites et c’est nous qui les entretenons. Ce que nous avons pu récolter est presque épuisé et nous avons présenté le bilan afin de relancer les donateurs ».
Du côté des désormais locataires de la villa 414, quartier Somgandé, mise à leur disposition par un parti politique de l’opposition, parmi leurs soucis ne figurent pas le logement et le problème de restauration (deux repas par jour) à la différence de leurs camarades de Nioko. Seulement, eux disent vivre un calvaire.

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