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Le Quotidien N° 853 du 29/8/2013

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Syrie: Les ambiguïtés de l’Occident
Publié le jeudi 29 aout 2013   |  Le Quotidien




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Le monde retient son souffle. Une fois de plus, un pays est menacé de frappes militaires occidentales. L’Etat syrien est en effet depuis quelques jours dans le collimateur des Etats-Unis et de leurs alliés, pour avoir, dit-on, fait usage d’armes chimiques contre sa propre population. C’est la « fameuse ligne » rouge que le régime syrien ne devait pas franchir. Les Occidentaux, sans même attendre les conclusions des inspecteurs de l’ONU, semblent disposer d’éléments accablants contre Damas. D’où la mobilisation générale en cours. On peut dire qu’à l’inverse de l’Irak, l’usage d’armes chimiques est tout sauf une accusation fallacieuse. Les faits sont avérés, même si Bachar al Assad nie en avoir été l’auteur. Toujours est-il que le conflit syrien, déjà très meurtrier, a connu un tournant avec l’utilisation d’armes de destruction massive. Mais est-ce une raison suffisante pour frapper le régime syrien ? Telle est la question. Au moins une chose est sûre, on sait quand commence une intervention, mais on ne sait jamais comment elle se terminera. Le cas libyen est à ce titre très illustratif. L’opération lancée par la France contre le régime de Mouammar Kadhafi a provoqué des dégâts incommensurables dont l’onde de choc s’est étendue jusqu’au Mali. En effet, la déstabilisation et la chute du pouvoir libyen ont jeté entre les mains d’individus peu fréquentables d’importants stocks d’armes. Comme des démons libérés de leurs chaînes, ils se sont alors égayés dans le désert malien devenu une zone de non droit. Il a fallu une autre intervention française au Mali pour réparer, un tant soit peu, la catastrophe provoquée en Libye. La politique intérieure libyenne elle-même est faite de crises sans fin. Jusqu’à présent le pays cherche toujours ses marques.
En Syrie, les Occidentaux disent ne pas vouloir renverser le régime. Ils veulent seulement le punir pour avoir enfreint au droit de la guerre qui bannit les armes chimiques. Au-delà de la Syrie, l’Occident veut sans doute adresser un message fort à tous les apprentis sorciers : aucun usage d’une arme chimique ne sera toléré. Soit. L’idée est noble. Car il ne devrait plus être permis de laisser des dictateurs jouer avec le sort de l’humanité. Le monde est tellement secoué de tragédies qu’il ne faut pas en rajouter. Mais l’Occident devrait appliquer la même méthode à tous. Car il ne montre pas le même zèle à sanctionner Israël quand ce pays commet des crimes atroces en Palestine ou au Liban. Un voile d’impunité continue de couvrir par exemple le massacre de Sabra et Chatila perpétré en 1982. Cette année-là, des centaines de civils sont assassinés dans des conditions épouvantables par les milices chrétiennes phalangistes, avec l'aval de l'armée israélienne et de son ministre de la Défense d’alors Ariel Sharon. Cette politique du deux poids, deux mesures, peut discréditer l’action de Washington en Syrie et donner raison à ceux qui pensent qu’il agit uniquement pour des raisons géostratégiques, c’est-à-dire protéger Israël et lui permettre de conserver sa suprématie militaire. Bachar al Assad peut de ce fait se prévaloir de ces turpitudes de l’Occident pour invoquer une agression unilatérale contre son régime. Il pourrait ainsi, de bourreau, revendiquer le statut de victime.
La question demeure donc posée: pourquoi une intervention en Syrie et que va-t-elle donner comme résultats ? Cette mobilisation occidentale, si elle a lieu, pourrait être un couteau à double tranchant. Si tous ses contours ne sont pas bien maîtrisés, c’est la voie ouverte à un chaos généralisé dans le pays et la région. Oui, il faut mettre fin à la tragédie syrienne. Reste à savoir si les frappes ciblées que projette l’Occident visent réellement à atteindre cet objectif. Quoi qu’il fasse, l’Occident demeurera suspecté de partialité dans le dossier proche-oriental. C’est pourquoi il faudra bien un jour appliquer les mêmes principes de droit et de morale à tous, sans exception. Pour le moment, on est loin .

La Rédaction

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