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Indemnisation d’agents de l’état victimes du terrorisme : Mesure hautement sociale à élargir aux autres Burkinabè

Publié le mardi 22 janvier 2019  |  Le Pays
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Le Conseil des ministres, en sa séance ordinaire du mercredi 16 janvier 2019, a pris deux importants décrets liés aux conséquences du terrorisme. Le premier porte modalités d’indemnisation de l’agent des forces de la Police nationale, de la Garde de sécurité pénitentiaire, des Douanes et des Eaux et forêts ayant subi des préjudices dans l’exercice ou en raison de l’exercice de ses fonctions en cas d’attaques terroristes. Le second décret porte modalité d’indemnisation de l’agent public de l’Etat et des collectivités territoriales ayant subi des préjudices de la même nature. Il était véritablement temps que l’Etat se penche sur cette problématique. En effet, depuis 2015, les forces du mal ont pratiquement transformé, à coups d’attaques, le Burkina en un vaste champ de dégâts humains et matériels. A cela, il faut ajouter les préjudices d’ordre moral et psychologique. Que l’Etat se décide à prendre tous ces cas en charge, est le moins que l’on puisse attendre de lui. Car, un de ses devoirs sacrés est d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Si en la matière, il se montre défaillant, comme c’est le cas d’aujourd’hui, il a l’obligation morale et politique de réparer les préjudices subis par les citoyens. De ce point de vue, l’on peut saluer à leur juste valeur l’adoption de ces deux décrets. Car elle témoigne avant tout de la reconnaissance et de la solidarité de la Nation à l’égard de ses enfants ayant subi des préjudices lors des attaques terroristes. Et ils sont une foultitude de cas : du vaillant enseignant jusqu’au préfet esseulé dans le lointain département, en passant par l’intrépide agent des forces de défense et de sécurité. Bref, il était de bon ton de prendre en charge tous ces cas. Mais, il n’y a pas que les agents de l’Etat qui subissent les affres des attaques terroristes dans notre pays. Il y a aussi les autres, c’est-à-dire tous les autres Burkinabè qui ne sont pas dans cette catégorie. Et les éléments de preuves sont là, implacables. Manifestement, les deux décrets adoptés les excluent.

Les indemnisations consécutives aux attaques terroristes sont des cas d’urgence sociale

L’Etat a l’obligation de revoir sa copie de manière à ce que l’indemnisation des Burkinabè ayant subi les attaques terroristes, soit inclusive et cela pour deux raisons essentielles. La première est d’ordre moral. En effet, il est indécent, dans la prise en charge des victimes du terrorisme, de s’occuper des uns tout en abandonnant les autres à leur sort. La deuxième raison est liée à une exigence constitutionnelle. Celle-ci stipule que tous les Burkinabè sont égaux en droits. De toute évidence, l’Etat, en choisissant de prendre en charge les agents de l’Etat ayant subi des préjudices liés aux attaques terroristes, est loin d’avoir observé ce postulat. Cela dit, outre ce principal reproche que l’on peut faire à l’Etat, l’on peut également, dans le sens de l’efficacité, attirer son attention sur les points suivants. Premièrement, une chose est d’adopter des décrets, une autre est de les mettre en application. On le dit d’autant plus que l’on peut avoir l’impression que le gouvernement, à maintes occasions, semble être passé maître dans l’art de ne pas tenir ses propres engagements. Le deuxième point sur lequel l’on peut attirer l’attention du gouvernement consiste à tout faire pour réduire de manière significative la lourdeur de l’administration dans le traitement des dossiers liés à l’indemnisation des agents de l’Etat. Car, on le sait, le Burkina a mal à son Administration. De manière récurrente et inexorable, lorsqu’un usager poursuit un dossier, il bute sur ce méchant bout de phrase : « le dossier est dans le circuit ». Et cette mention peut vous être servie pendant une année voire plus.

Or, ces indemnisations consécutives aux attaques terroristes sont des cas d’urgence sociale. Plus on fait poireauter les victimes, plus la probabilité est grande qu’elles sombrent dans le désespoir. Le gouvernement doit donc veiller à leur éviter de vivre un problème dans le problème, peut-on dire. Pour cela, il peut s’inspirer de la manière dont la CARFO (Caisse autonome de retraite des fonctionnaires) traite les pensions aujourd’hui. Dès qu’un fonctionnaire est admis à la retraite, cette structure a fait en sorte qu’au bout d’un mois, il soit en mesure d’accéder à sa pension. Le troisième et dernier point sur lequel l’on peut attirer l’attention du gouvernement est de pratiquer la transparence totale dans la gestion de ces cas. Car, ce genre d’occasions sont bonnes pour que les fonctionnaires indélicats se fassent des affaires juteuses sur le dos des contribuables et des victimes. Il faut absolument prendre des mesures en amont pour les en dissuader. Il faut surtout sévir au cas où certains se rendraient coupables de malversations liées au paiement de ces indemnités. Il faut espérer que l’Etat ne balaiera pas d’un revers de main ces modestes suggestions tant l’enjeu est hautement sensible et social.

Sidzabda
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