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C’était Salif Diallo, faiseur de rois du Burkina Faso
Publié le jeudi 24 aout 2017  |  Le Monde
Koudougou
© aOuaga.com par G.S
Koudougou : le MPP clôt sa rentrée par un meeting
Samedi 18 octobre 2014. Koudougou (région du Centre-Ouest). Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, opposition) a clos sa rentrée politique débutée le 11 octobre à Ouagadougou par un meeting régional. Photo : Salif Diallo, 1er vice-président du MPP




Décédé samedi à Paris, le président de l’Assemblée nationale burkinabée fut l’une des figures politiques les plus marquantes du pays.

Par Morgane Le Cam (Ouagadougou, correspondance) et Cyril Bensimon

Sur l’échiquier politique du Burkina Faso, Salifou Diallo tenait la place de la reine. La pièce la plus forte, sans pour autant être assis sur le trône. Dans le monde des voyous, on aurait dit « qu’il valait mieux l’avoir avec soi ». Salifou Diallo, que tout le monde prénommait Salif, était un faiseur de rois, le stratège des présidents, celui qui pouvait vous porter aux nues puis vous faire chuter de votre piédestal. Blaise Compaoré peut en témoigner.

Après Thomas Sankara et Blaise Compaoré, il était sans nul doute le personnage politique burkinabé le plus intéressant et, surtout le plus intriguant, dans tous les sens du terme. Salif Diallo a toujours su entretenir une part d’ombre qui ne le rendait que plus fascinant.

On savait le président de l’Assemblée nationale affaibli par un problème cardiaque depuis des années. Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 août, il s’est éteint à l’âge de 60 ans à Paris, après avoir reçu des soins en Tunisie. Sa dépouille doit être mise en terre, vendredi 25 août, à Ouahigouya, sa ville natale. Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a décrété trois jours de deuil national en son hommage. Avec son décès, c’est tout un pan de l’histoire politique du pays qui disparaît ; ses secrets les plus enfouis aussi.

En France, son nom était apparu dans les gros titres de la presse quand l’avocat Robert Bourgi l’avait désigné comme le convoyeur des fameux djembés remplis d’argent remis à Jacques Chirac. « Un mensonge d’un vulgaire porteur de mallettes », tonnait de sa voix rauque le mis en cause, qui, toute sa vie, conserva un art de la manigance appris au sein du Parti communiste révolutionnaire voltaïque (PCRV).
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