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Dr Waleed A. Alhamoudi, ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite au Burkina Faso :"Nous œuvrons pour un hadj 2017 réussite"
Publié le jeudi 17 aout 2017  |  Sidwaya
Waleed
© Autre presse par DR
Waleed Ben Abdulrahman Al-Hamoudi,Le nouvel ambassadeur du Royaume d`Arabie Saoudite au Burkina Faso et Paul Kaba Thièba, Premier ministre burkinabè.




A quelques jours du départ des pèlerins burkinabè pour la Mecque, l’ambassadeur du royaume d’Arabie Saoudite au Burkina Faso, Dr Waleed A. Alhamoudi, a accordé une interview au quotidien Sidwaya. Dans cet entretien, le diplomate saoudien évoque l’organisation du hadj 2017, la coopération bilatérale entre les deux pays, la crise avec le Qatar. L’ambassadeur est titulaire d’un doctorat en philosophie et spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée et a, entre autres, travaillé dans des missions diplomatiques saoudiennes aux Etats-Unis d’Amérique et en Angleterre.

Sidwaya (S.) : A l’orée du départ du premier vol des pèlerins burkinabè vers la Terre sainte de l’Islam, comment voyez-vous les préparatifs ? Et quel est l’état de coopération avec les autorités dans l’organisation du hadj 2017 ?

Dr Waleed A. Alhamoudi (W. A. A.) : Tout d’abord, je saisis cette opportunité pour féliciter tous les pèlerins qui ont eu la grâce de Dieu de visiter les lieux saints et d’accomplir le cinquième pilier de l’Islam. Je leur souhaite un bon hadj et qu’Allah leur accorde sa grâce et efface leurs péchés. Le Royaume d'Arabie Saoudite considère qu'être au service des pèlerins, leur porter assistance et protection, est un réel honneur pour lui. Les directives du serviteur de deux saintes mosquées ainsi que celles du Prince héritier, rappellent encore une fois les efforts fournis dans le but de faciliter la vie aux pèlerins, depuis leur demande de visa auprès des différentes ambassades du royaume jusqu'à leur arrivée sur la Terre sainte et leur retour chez eux. Ainsi, l'ambassade du Royaume d'Arabie Saoudite, en coordination avec les autorités compétentes du Burkina Faso, a terminé les préparatifs pour délivrer les visas pour le pèlerinage et s'est occupé de tout, en ce qui concerne le départ du premier vol, le 14 août 2017.
Je voudrais traduire mes remerciements à leurs excellences, le président du Faso, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l'extérieur, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation et tous les frères travaillant au sein du Comité national du suivi de pèlerinage pour leur collaboration. Je tiens d'ailleurs à rappeler la profondeur de la relation entre les dirigeants du Burkina et de l'Arabie Saoudite. Cette coopération a permis de donner une suite à la demande de son Excellence, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, concernant l'augmentation du quota des pèlerins burkinabè à 8142 pour cette année. Nous œuvrons avec les autorités burkinabè pour que le hadj 2017 soit une belle réussite.

S. : Comment appréciez-vous les relations entre le Burkina Faso et l'Arabie Saoudite?

W. A. A. : J'estime que les relations entre le Royaume d'Arabie Saoudite et le Burkina Faso vivent leur meilleur moment, et il y a une convergence de vues et la coopération dans divers domaines comme l’éducation, la santé, la formation et les infrastructures. Il y a énormément d’échanges entre les ambassades des deux pays et des visites au plus haut niveau. A titre d’exemple, le Président Roch Marc Christian Kaboré, s’est rendu au Royaume d'Arabie Saoudite à deux reprises au cours de sa première année à la tête du pays. Les relations entre les deux pays au cours des dernières années se sont concrétisées par la signature de plusieurs accords bilatéraux dans le domaine du transport aérien et de la coopération en matière de sécurité. A la suite de la visite du président du Faso, un accord sur la coopération bilatérale a été signé entre les deux pays et il y a un comité consultatif dont les travaux débuteront bientôt. Ce cadre contribuera à renforcer la base de la coopération entre nos deux pays amis dans d’autres domaines comme la culture, le social et la lutte contre le terrorisme. Nous espérons que les directives sages des dirigeants des deux pays seront mises en œuvre afin de dynamiser davantage la coopération bilatérale. D’une manière générale, cette coopération se développe de mieux en mieux entre nos deux pays.

S. : Le vice-président du Fonds saoudien pour le développement, Youssef I. Al-Bassam, était en visite à Ouagadougou au mois de juin dernier. Au cours d’une audience avec le Premier ministre, il a parlé de renforcement de la coopération Sud-Sud. A quoi cela renvoie ?

W. A. A. : Le Fonds saoudien pour le développement, comme tout le monde le sait, a pour but de contribuer au financement des projets de développement dans les pays en voie de développement en leur accordant des prêts, des subventions et des aides techniques pour financer des études et l'appui institutionnel. Depuis plusieurs années, le Fonds finance de nombreux projets de développement et des infrastructures au Burkina Faso comme la plupart des pays du monde. La valeur totale des projets financés par le Fonds au Burkina Faso de 1975 à 2015 est estimée à 482.087.000 riyals saoudiens soit 128 289 865 dollars américains (plus de 83 milliards de F CFA).
Lors de sa visite au Burkina Faso, M. Al-Bassam a signé un accord avec le ministère burkinabè des Finances pour un prêt de 36 millions de dollars américains (plus de 23 milliards de F CFA) pour financer le projet de construction de la route Ouahigouya-Djibo. Il y a eu également la signature d'un protocole d'accord du programme saoudien pour le forage et le développement rural en Afrique (phase V) pour un montant de 6 millions de dollars américains sous forme de subvention du gouvernement saoudien au Burkina Faso. Au cours de son séjour, il y a eu aussi des accords pour la construction d’un hôpital non loin de Ouagadougou, le développement de l’aéroport. C’est un développement réel et concret que les deux pays souhaitent renforcer encore plus. Dans le futur, il y aura encore plus de projets pour le Burkina Faso.

S. : Quelle lecture faites-vous de la crise entre votre pays et le Qatar qui est un membre du Conseil de coopération du Golfe (GCC)?

W. A. A. : Le royaume d’Arabie Saoudite est soucieux de la sécurité du peuple qatari et n'a imposé aucun embargo à l’Etat du Qatar, comme le prétendent le gouvernement qatari et ses médias. Les ports et aéroports de ce pays sont ouverts ainsi que son espace aérien. La question est que l'Arabie Saoudite a pris une décision de ne pas autoriser le Qatar à utiliser son espace aérien et ses frontières afin de préserver sa sécurité nationale. Je pense que c'est un droit souverain de tout Etat et les mesures prises par le Royaume et les pays frères (Emirats arabes Unis, Egypte, Bahreïn) sont des actions souveraines en réponse à la politique pratiquée par le gouvernement qatari en ce qui concerne le soutien du terrorisme, son financement, l'hébergement des personnes impliquées dans les actes du terrorisme et la diffusion de la haine et l'ingérence dans les affaires des autres pays. Les quatre pays ont adressé au Qatar une liste de treize demandes lui réclamant la cessation de tout soutien au terrorisme et son financement, d'arrêter d'héberger les personnes recherchées et l'ingérence dans les affaires des autres pays. Au cas où le Qatar affiche son engagement réel à mettre en œuvre ces exigences, il n'y a aucune raison de ne pas s’asseoir et de négocier, car le Qatar demeure un Etat du Golfe et a ses liens culturels et sociaux avec le reste des pays du Golfe arabe.

S. : Qu'en est-il des relations entre le Royaume d'Arabie Saoudite et l'Iran? Et comment traite-t-il avec les pèlerins iraniens?

W. A. A. : Tout le monde sait que l'Iran a une longue histoire d'ingérence dans les affaires des pays arabes, enflamme les conflits sectaires et soutient des organisations terroristes. L'Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran à la suite des attaques terroristes contre son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad au début de l'année 2016. Depuis lors, les autorités iraniennes traînent encore les pieds et refusent d'achever les procédures de l'enquête sur ces attaques, il y a plus d'un an et demi. Elles font un chantage afin d'obtenir des privilèges diplomatiques à l'intérieur du Royaume d'Arabie Saoudite dans le contexte de rupture des relations entre les deux pays. Les autorités iraniennes poursuivent des méthodes tordues, parmi lesquelles, leur refus d'accès d'une équipe saoudienne sur leur territoire pour participer, avec les autorités compétentes de l'Iran, à l'inspection de l'ambassade à Téhéran et le consulat à Mashhad, malgré un accord de principe.
En ce qui concerne les pèlerins iraniens, le Royaume d'Arabie Saoudite n'a jamais empêché un musulman d'effectuer le hadj. Conformément aux lois, l'Arabie Saoudite accueille chaque année, environ trois millions de pèlerins de tous les pays du monde et leur fournit les services nécessaires quel que soit leur sexe ou leur doctrine. Mais le Royaume ne permettra pas que des pays utilisent ce rituel à des fins politiques, que ce soit l’Iran, le Qatar ou tout autre Etat. Le Royaume n'accepte pas qu'il y ait une politisation de cette question et considère cela comme un manque de respect pour le hadj et les pèlerins. L’Arabie Saoudite considère toute demande d'internationalisation des lieux saints comme un acte d'agression et une déclaration de guerre contre lui, et se réserve le droit de répondre à toute partie qui œuvre pour cela. L'Arabie Saoudite a pris sa responsabilité depuis son unification avec le roi Abdulaziz Al-Saoud de prendre soin des lieux saints et le monde est le témoin, par la grâce de Dieu, qu'il a réussi là où les autres pays ont échoué. Le Royaume a la capacité physique et humaine de fournir de meilleurs services aux pèlerins, et il estime que c'est un honneur accordé par Dieu.

S. : De manière plus large, quel est le niveau de représentation de l’Arabie Saoudite sur le continent africain ?

W. A. A. : La politique étrangère du Royaume d'Arabie Saoudite se base sur l'ouverture au plus grand nombre possible de pays du monde. Le royaume est le premier pays à établir des relations solides avec les pays africains depuis des décennies. Il entretient des liens religieux, historiques et commerciaux avec de nombreux pays africains. Le Royaume d'Arabie Saoudite a ouvert ses représentations dans la majorité des pays africains et ses relations diplomatiques sont basées sur le respect mutuel et visent à établir des liens de coopération dans l'intérêt des pays. Récemment, le ministre saoudien des Affaires étrangères, lors de sa participation au sommet de l'Union africaine, tenu dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, a invité les chefs d’Etat africains à participer à un sommet africain- saoudien initié par le Serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi Salman Ben Abdul Aziz Al-Saoud. Et ce sommet va porter sur les questions de développement, de paix et de stabilité dans le monde.

S. : Comment trouvez-vous le peuple burkinabè depuis que vous êtes ici ?

W. A. A. : Depuis mon arrivée au Burkina Faso, j’ai été très bien accueilli et je trouve le peuple burkinabè modeste. C’est un peuple qui est pacifique, travailleur et qui inspire confiance. J’ai eu une bonne impression du pays la première fois que je suis arrivé à l’aéroport de Ouagadougou. Et au fil du temps, cette bonne impression s’est confirmée. Les relations avec le président du Faso, le ministre en charge des affaires étrangères et les autres membres du gouvernement sont également très chaleureuses. Je suis très heureux de servir dans ce pays et je me sens bien parmi mes frères et mes amis.

Interview réalisée par
Karim BADOLO
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