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CPI : Lueur d’espoir dans la cellule de Gbagbo
Publié le jeudi 20 juillet 2017  |  L`Observateur Paalga
CPI
© AFP par DR
CPI : l’ex Président ivoirien Laurent Gbagbo devant les juges
Mardi 19 février 2013. La Haye. L’ancien président ivoirien comparait à la Cour pénale internationale (CPI), pour crime contre l’humanité.




Il n’a pas encore obtenu la liberté provisoire tant de fois demandée et autant de fois refusée. Mais c’est une victoire judiciaire décisive que Laurent Gbagbo vient de remporter hier mercredi 19 juillet 2017.



En effet, en cet après-midi de grande espérance pour l’ancien président ivoirien et ses nombreux partisans aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à travers le monde, la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a ordonné aux juges de première instance de réexaminer la demande de libération du père fondateur du FPI. Ladite chambre ayant invoqué de nombreux cas d’erreurs qui ont fondé la dernière décision en date de maintenir l’Enfant terrible de Mama en prison : ainsi de la non-prise en compte de l’âge du détenu (72 ans) et surtout le temps déraisonnable mis avant le début du jugement.

Transféré à la Haye en 2011, Gbagbo aura passé, tenez-vous bien, 925 jours dans la prison de Scheveningen avant d’être formellement mis en accusation.

Et que dire des cinq ans d’embastillement avant le début du procès le 28 janvier 2016 ? Déraisonnables et contraires aux textes de la CPI. C’est en tout cas l’avis du juge-président de la Chambre, Cuno Tarfusser, qui a estimé que cette « détention avait excédé le seuil d’une durée raisonnable ». Le même qui s’était prononcé, contre deux autres juges, en faveur d’une mise en liberté provisoire

Dans ces conditions, pourquoi s’obstiner à maintenir l’ancien chef de l’Etat ivoirien dans les liens de la détention au prétexte qu’au regard de l’ampleur de son « réseau » de supporters, il est fort probable qu’il parvienne à s’enfuir vers un pays non signataire du Traité de Rome ?

C’est mal connaître le Woodi de Mama qui entend saisir ce procès pour prouver aux yeux du monde les complicités internes et externes qui ont fait basculer la Côte d’Ivoire dans cette horrible guerre civile.

A l’évidence, tout se passe comme s’il y avait un acharnement judiciaire contre celui qui est poursuivi pour « crimes contre l’humanité » mais dont les preuves de la culpabilité volent au ras des pâquerettes.

En février 2013, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, n’avait-elle pas été renvoyée à ses chères enquêtes tant les éléments de preuves étaient frêles et contestables ?

La Chambre préliminaire n’avait-elle pas estimé le dossier « trop fondé sur des rapports d’ONG et des articles de presse » ?

Avec cette décision de la Chambre d’appel de faire réexaminer la requête de libération, c’est une lueur d’espoir qui éclaire, soudain, la cellule de 10 m2 de Gbagbo. Et si tout se passe cette fois-ci selon les prescriptions de la CPI, l’illustre prisonnier de Scheveningen devrait humer l’air d’une liberté, même provisoire.

A moins que, d’ici là, d’autres considérations, notamment des non-dits politiques, douchent de nouveau l’espoir de l’accusé.

On imagine, en effet, les répliques que pourraient provoquer une libération provisoire d’un Gbagbo toujours très populaire, particulièrement dans son pays. Surtout au moment où l’heure est aux petits meurtres entre ses tombeurs dont les ambitions personnelles et les réflexes parricides se font sentir au grand jour.



Alain Saint Robespierre
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