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Burkina : une association veut promouvoir scientifiquement la parenté à plaisanterie
Publié le jeudi 8 juin 2017  |  AIB
Tanghin-Dassouri
© Autre presse par D.R
Tanghin-Dassouri : la parenté à plaisanterie magnifiée pendant 48 heures
L’Association socio-culturelle Koudemteengré (Se souvenir des valeurs culturelles) a organisé la 9e édition du festival de la parenté à plaisanterie les 20 et 21 janvier 2017 à Tanghin-Dassouri non loin de Ouagadougou




Ouagadougou - Les pratiques ancestrales de la parenté et des alliances à plaisanterie contribuent fortement à renforcer la cohésion sociale et la paix au Burkina Faso, pays multiculturel et multiconfessionnel à ressources limitées, d’où la volonté de l’Association Dakiiré de les promouvoir auprès de la jeune génération, par une approche scientifique et sous régionale.

«Le Burkina Faso a eu la chance que ses pères fondateurs et ancêtres lui ont légué un héritage culturel riche et important dont l’alliance et la parenté à plaisanterie en font partie et occupent une place de choix parmi les principes régulateurs des tensions sociales», a affirmé Pr Alain Joseph Sissao.

M. Sissao s’exprimait mercredi lors d’un point de presse consacré au lancement des activités de l’Association Dakiiré dont il est le président.

«Faire cohabiter pacifiquement en permanence une soixantaine d’ethnies ou communautés dans un pays à ressources limitées est un exercice périlleux qui relève d’un génie ou une prouesse en management», a poursuivi le chercheur.

Selon lui, «le Burkina Faso a réussi cet exercice à cause de la solidité de certaines de ses ressources culturelles» dont l’alliance et la parenté à plaisanterie.

Il a expliqué qu’il y a alliance à plaisanterie lorsque deux individus, deux villages, deux ethnies ou deux patronymes décident de nouer un pacte de non-agression, assorti d’un certain nombre de devoirs et d’assistance ainsi que de la pratique de joutes oratoires.

La parenté à plaisanterie induit un lien de consanguinité, par exemple, entre les grands parents et les petits-enfants, entre les belles-sœurs et les beaux-frères, a ajouté M. Sissao.

De son avis, l’alliance et la parenté à plaisanterie ne sont pas en danger au Burkina, mais méconnues dans les centres urbains, à contrario du milieu rural, où la pratique est toujours vivace.

Alain Joseph Sissao a indiqué que l’objectif général de l’association Dakiiré est de contribuer à la promotion et à la préservation d’une culture de paix à travers la bonne pratique des alliances et des parentés à plaisanteries.

Pour réussir sa mission, l’association opte pour une approche scientifique (recherches et documentation sur la pratique) et sous-régionale.

«Des relations sont prévues pour se nouer avec les chercheurs et d’autres associations au Niger, au Togo, au Bénin, au Mali… pour une meilleure intégration sociale de la question (…) pour en faire un véritable mécanisme de gestion et de résolution des conflits au niveau de nos Etats modernes», a-t-il soutenu.

En rappel, le professeur Alain Joseph Sissao, directeur de recherches à l’Institut national des sciences des sociétés/Centre national de la recherche scientifique et technologique (INSS/CNRST), a publié en 2002 un ouvrage intitulé «Alliances et parentés à plaisanterie au Burkina Faso : Mécanisme de fonctionnement et avenir».

Agence d’Information du Burkina

ata
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