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Xavier Lapeyre de Cabanes: «La politique de coopération de la France ne changera pas»
Publié le jeudi 11 mai 2017  |  FasoZine
Présidentielle
© aOuaga.com par A.O
Présidentielle française : vote de Français de Ouaga
Dimanche 23 avril 2017. Ouagadougou. Des Français résidant dans la capitale burkinabè se rendrent toute la journée à l`Institut français pour voter dans le cadre du premier tour de l`élection présidentielle dans leur pays. Photo : Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France au Burkina




Quelques jours après l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de la France, l’Ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, a reçu des organes de la presse nationale le mardi 9 mai 2017 pour se prononcer sur la récente présidentielle française. Sans occulter la coopération entre le Burkina Faso et la France, le nouvel ambassadeur (en fonction au Burkina depuis 8 mois), a indiqué qu’«il est très agréable de travailler au Burkina».

Fasozine: comment s’est déroulée la présidentielle française du 7 mai dernier au Burkina ?
Xavier Lapeyre de Cabanes: Elle s’est très bien déroulée dans l’ensemble. Comme au premier tour, 15 jours auparavant, nous avions deux bureaux de vote pour les Français qui habitent au Burkina Faso. L’un à Bobo-Dioulasso et l’autre à Ouagadougou. Les électeurs se sont déplacés et nous avons pu enregistrer un taux de participation de 43% pour être précis. C’est un chiffre assez honorable, assez élevé parce que les Français, quand ils habitent à l’étranger, oublient de voter, n’y pensent pas ou se sentent moins proches peut-être de la communauté nationale. Il n’y a pas eu d’incident et le résultat est de 90,5% en faveur de M. Macron et de 9,5% en faveur de Mme Le Pen au second tour.

Avec le score de Mme Le Pen et le taux d’abstention assez élevé, peut-on dire que c’est une élection par défaut ?
En France, le taux d’abstention a été assez élevé : 25% des électeurs. Ce qui est un peu inhabituel. Les précédentes élections présidentielles ont toujours eu des taux de participation beaucoup plus proches de 80%, voire au-dessus. Là, c’est un taux faible qui montre qu’il y avait une partie des électeurs qui ont considéré sans doute qu’aucun des deux candidats ne leur convenait.

Avec l’élection du nouveau président, quelle sera la nouvelle dynamique de la coopération entre la France et le Burkina Faso ?
C’est un peu tôt pour le dire. Le nouveau président prendra ses fonctions le 14 mai 2017. On peut penser très logiquement que la politique qui a été suivie depuis assez longtemps en faveur de la coopération ne va pas changer. Il n’y a pas de raison.

Pourquoi ?
Parce que nos intérêts restent les mêmes. Nous sommes très proches d’un très grand nombre de pays d’Afrique. Nous avons des intérêts de sécurité dans les pays de la région du Sahel, compte tenu des menaces auxquelles font face le Mali, le Niger, le Burkina Faso et bien d’autres en matière d’attaques terroristes. Nos relations vont subsister. Elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain. La France devra donc continuer à soutenir les pays qui font face à ces menaces parce que l’instabilité de ces pays est nuisible à tous. Ensuite, parce que l’installation éventuelle d’une sorte de «Sahelistan», c’est-à-dire d’une force terroriste, serait catastrophique non seulement pour les pays du Sahel, mais pour les pays d’Europe parce qu’on a vu ce que Al Quaïda était capable de faire très loin de ses bases en organisant des attentats en 2001 à New York. En matière de coopération, il n’y a pas de raison qu’elle change. Le candidat Emmanuel Macron l’avait dit, qu’il continuerait la politique de coopération que la France mène depuis des années avec les pays Francophones.

Pourtant la jeunesse africaine décrie de plus en plus cette coopération. N’est-il pas temps d’écouter ces voix et de la réorienter ?
Je ne sais pas à quel type de critiques vous faites allusion. C’est comme on dit, aucune politique n’est parfaite. Cela me parait donc parfaitement légitime de critiquer toute politique. Il faut que les critiques soient bien orientées sur un endroit particulier. Dans ce cas, on fera autrement. On essaye malgré tout de faire en sorte que la politique de coopération qu’on mène soit utile au développement des pays où on la mène. Il y a deux mois, je suis allé à Dori dans le Nord, dans une zone qui est menacée. J’ai inauguré avec le ministre de l’Energie une ligne électrique qui a été financée avec l’aide de l’Agence française de développement (AFD). Je ne pense pas que cette coopération soit inutile. Il me semble qu’apporter l’électricité à 200 000 personnes, c’est utile. Ces types d’actions, nous allons les poursuivre. Dans quelques mois, nous inaugurerons la centrale solaire de Zagtouli. Ce sera la première et la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest. Elle est financée par l’Union européenne et par l’AFD. Ça c’est utile je pense. Ça va augmenter l’indépendance énergétique du Burkina Faso. Mais il y a sans doute des actions qui sont moins utiles. Dans ce cas, mieux vaut les abandonner pour faire des actions qui servent au développement du pays.

La peur de certains Africains des idéaux que défend Mme Le Pen sont-elles fondées surtout qu’elle a eu un score considérable ?
Je pense que les premières personnes qui ont peur, ce sont les Français. Les personnes concernées en premier par une éventuelle élection de Marine Le Pen, ce sont les Français. Ce n’est pas forcement injustifié d’avoir peur, parce que son score a été élevé. Il a été élevé dimanche dernier, plus élevé que ce que son parti avait eu jusqu’à présent, mais moins élevé que ce qu’espéraient les partisans de Marine Le Pen. Maintenant, nous verrons dans cinq ans ce que donneront les résultats de l’élection présidentielle. Nous commençons à peine un nouveau mandat. Ce n’est pas la peine d’avoir peur. Nous allons nous concentrer sur l’action politique pour faire en sorte que les raisons qui ont amené des citoyens français à voter pour Marine Le Pen disparaissent.
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