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Des techniques adaptées de l’IPA pour accroître les revenus des agriculteurs
Publié le lundi 5 decembre 2016  |  Sidwaya




Innovations for poverty action (IPA) pour l’Afrique de l’Ouest a animé, le mercredi 30 novembre 2016 à Ouagadougou, une conférence sur l’« Inclusion financière et agriculture», pour lutter contre la pauvreté en Afrique subsaharienne.

Des éminents chercheurs ont dévoilé aux acteurs du développement et aux partenaires nationaux, le 30 novembre 2016 à Ouagadougou, au cours d’une conférence, les résultats de trois recherches, portant sur le warrantage, l’adoption de technologies et le microcrédit agricoles. Les chercheurs, en collaboration avec Innovations for poverty action (IPA), ont montré à travers leurs études, que de nombreux Etats africains, des ONG et des bailleurs internationaux ont testé différentes stratégies pour encourager l’utilisation d’intrants et de techniques agricoles, permettant d’améliorer la productivité. Ils ont dit constater que dans certains pays africains (Burkina Faso, Mali, Kenya, etc.), les femmes avaient moins de probabilité d’adopter de nouvelles technologies que les hommes, probablement du fait d’un moindre accès aux facteurs de production. « Cependant, elles ont plus de probabilité d’utiliser cette technologie, lorsque les kits d’intrants leur sont aléatoirement assignés », ont argumenté les chercheurs. La professeure d’économie de l’Université de Northwestern, aux Etats-Unis, Lori Beaman qui a axé ses études sur l’accès au microcrédit agricole au Mali, a signifié que 70% des ménages pauvres à travers le monde tirent la majorité de leurs revenus de l’agriculture. Dans un rapport récent de la FAO, a-t-elle indiqué, il est ressorti que plus de 90% des exploitations agricoles peuvent être considérées comme familiales, avec 75% des terres agricoles. Mme Beaman a également noté que plusieurs études ont démontré que, quand les producteurs ont la possibilité de faire des investissements supplémentaires, cela peut avoir un impact élevé sur leurs revenus, même lorsqu’il s’agit de petits investissements tels que, l’achat d’engrais et de semences améliorées. « Les institutions de microfinance ont tenté de soulager les contraintes de liquidité, mais la plupart des ressources dédiées au microcrédit se concentrent sur le financement des petites entreprises en milieu urbain », a-t-elle avoué. Et de poursuivre que la recherche scientifique menée par IPA dans le Sud du Mali à travers des modèles de prêt agricole a eu un impact positif car, des données collectées ont révélé les potentialités du microcrédit en milieu rural.

Le warrantage, un outil d’accès au crédit

Le warrantage ou crédit stockage, est un système de crédit rural qui consiste pour une Organisation paysanne (OP), à obtenir un prêt en mettant en garantie, un produit agricole, susceptible d’augmenter de valeur. Au Burkina Faso, les OP mettent en pratique, depuis quelques années, le warrantage. Elles stockent une partie de leurs récoltes dans des magasins sécurisés pendant la récolte où les prix sont abordables. Le producteur peut, en ce moment, s’il le désire, bénéficier d’un crédit d’un montant équivalent à 80% de la valeur entreposée. Durant la période de soudure où les prix des produits agricoles deviennent plus élevés, le paysan récupère sa récolte et rembourse son crédit. La chercheure à l’International food policy research institue (IFPRI), Clara Delavallade, a précisé que le warrantage a une plus grande trajectoire dans le Sud-Ouest du Burkina Faso, zone excédentaire en matière de production céréalière. Selon elle, cette technique constitue pour le paysan, un système fiable, lui permettant d’améliorer ses revenus en tirant profit de l’augmentation des prix des produits agricoles. Quant à l’agroéconomiste Souleymane Ouédraogo, il a renchéri que le warrantage peut contribuer à lutter contre l’insécurité alimentaire. « Le type de produits pour le warrantage et le type d’investissements dépendront de la région », a t-il ajouté. Mme Delavallade a affirmé que dans les provinces du Tuy et du Ioba du Burkina Faso, les résultats obtenus après une étude sur le warrantage, ont indiqué que six paysans sur dix acceptent de réduire leur consommation immédiate en ne faisant pas recours au crédit, pour accroître leur rentabilité et ceux bénéficiant du warrantage ont plus que doublé les montants dépensés dans l’éducation de leurs enfants, dans les intrants agricoles, les semences et les engrais. « Au regard de ces résultats satisfaisants, il est donc primordial d’encourager la politique actuellement en cours d’élaboration au Burkina Faso, visant à favoriser la pratique du warrantage par les organisations paysannes», a-t-elle soutenu.


Afsétou SAWADOGO
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