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Sommet de la CEEAC au Gabon : une opération de charme qui tourne au fiasco
Publié le vendredi 2 decembre 2016  |  Le Pays
La
© Autre presse par DR
La CEEAC




Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba (ABO), est-il en quête de légitimité ? En tout cas, c’est ce que certains de ses opposants le soupçonnent de rechercher, à la faveur du sommet extraordinaire de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) qu’il a convoqué, le 30 novembre dernier à Libreville, pour discuter, entre autres, de la situation politique en RD Congo, au Burundi et en Centrafrique d’une part, et des questions de lutte contre le terrorisme lié à la secte islamiste Boko Haram qui sévit aussi au Tchad et au Cameroun, d’autre part. Mais sur 10 hôtes attendus, seuls trois chefs d’Etat ont fait le déplacement de la capitale gabonaise, en l’occurrence le Centrafricain Faustin- Archange Touadéra, le Tchadien Idriss Déby et le Rwandais Paul Kagamé. Des pays concernés au plus haut point par ce sommet, comme la RD Congo et le Burundi dont les cas étaient au menu des discussions, ont brillé par leur absence. Si celle du satrape burundais peut se comprendre dans une moindre mesure, que dire de celle notable du maître de Kinshasa et des autres chefs d’Etat de ladite communauté ? La question est d’autant plus justifiée qu’il s’agissait d’un sommet extraordinaire, censé traiter de sujets graves et brûlants qui nécessitent de telles réunions d’urgence. En tout cas, sans offenser ceux qui se sont déplacés, au regard de la très faible représentativité des chefs d’Etat à un sommet d’une telle envergure, il y a lieu de se poser des questions sur son opportunité et même sa pertinence. Ce d’autant plus qu’il se tenait au lendemain du sommet arabo-africain de Malabo ou encore celui de la Francophonie à Madagascar auxquels ABO a, du reste, participé, et où la question du terrorisme, par exemple, a été évoquée. C’est pourquoi l’on a envie de croire que ceux qui soupçonnent le nouvel ancien président gabonais de chercher une certaine légitimité auprès de ses pairs après sa réélection contestée, n’ont pas totalement tort. Et si c’était vraiment le cas, et si cette rencontre précipitée n’était en fait qu’une opération de charme voilée, Ali Bongo se serait tiré une balle dans le pied, parce que l’opération aura été un véritable fiasco. C’est le moins que l’on puisse dire avec cette note de 3 sur 10.

L’absence des pairs d’Ali Bongo au sommet extraordinaire qu’il a convoqué, sonne comme un désaveu cinglant

La question est maintenant de savoir pourquoi les autres chefs d’Etat n’ont pas fait le déplacement de Libreville, pour un sommet dont l’importance de l’ordre du jour n’est pas à démontrer. Est-ce pour des raisons de calendrier ? En tout cas, leur absence apporte de l’eau au moulin des contempteurs d’ABO qui voyaient dans l’organisation de ce sommet, une façon pour leur président de briser son isolement sur la scène politique internationale. Ce qui justifierait l’air souriant et décontracté qu’il affichait à l’occasion, malgré la mauvaise moisson de sa campagne en tant que président en exercice d’une institution aussi prestigieuse que la CEEAC. Et c’est peu dire qu’Ali Bongo n’en sort pas grandi ; lui qui peine à faire avaler à une large frange de ses compatriotes, la pilule du hold-up électoral dont on l’accuse. Sans oublier que son challenger, Jean Ping, n’a pas encore complètement jeté l’éponge.
En tout état de cause, s’il fallait s’en tenir à la seule participation des chefs d’Etat, l’on dirait que ce sommet de Libreville a été un sommet pour rien. Et dans les circonstances actuelles, l’absence des pairs d’ABO au sommet extraordinaire qu’il a convoqué, sonne comme un désaveu cinglant. Comme si ces satrapes du continent étaient eux-mêmes gênés aux entournures de s’afficher avec un président qui traîne une image d’usurpateur. Pas parce qu’ils ont spécialement plus de mérite que Bongo fils, mais parce que son cas reste quand même unique, parce qu’il a été question d’inversion des résultats. C’est dire si cette histoire de victoire volée à la dernière présidentielle, n’a pas fini de ternir l’image d’Ali Bongo. Et le fameux brouillon du rapport des experts de l’UA, dévoilé a posteriori et mettant en doute les résultats officiels qui donnaient ABO gagnant, n’est pas pour arranger les affaires du locataire du Palais du bord de mer. En tout cas, pour toutes ces raisons, Ali Bongo ne devrait-il pas se cacher un temps, pour se faire oublier ?


Outélé KEITA
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