Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

L’impact et les recettes de l’exploitation de l’or à la loupe de chercheurs burkinabè
Publié le mercredi 23 novembre 2016  |  Sidwaya




Des équipes de chercheurs burkinabè ont restitué, le jeudi, 17 novembre 2016 à Ouagadougou, les résultats de leurs travaux sur le grand thème, « Impacts de l’exploitation minière et de l’expansion commerciale de la Chine au Burkina Faso ».

Trois sous-thèmes ont ainsi été présentés et débattus par un public composé d’étudiants, de chercheurs et de décideurs politiques. « Impact de l’exploitation de l’or sur les conditions de vie des populations au Burkina Faso », « Chute du cours de l’or, recettes fiscales et emploi : quelle stratégie d’adaptation pour le Burkina Faso » ? et « Impact de l’expansion économique et commerciale de la Chine sur la croissance et l’emploi ». Ce sont les résultats de recherches sur ces trois thèmes qui ont été présentés au public, le jeudi 17 novembre 2016 à Ouagadougou, par un groupe de chercheurs burkinabè appuyés par la structure, Partnership for economic policy (PEP).

Le Burkina Faso, en témoignent les chiffres, connaît un boom minier en cette décennie : sept mines industrielles en exploitation entre 2007 et 2010, les recettes provenant de l’or ayant plus que quadruplé entre 2009 (190 milliards de F CFA) et 2011 (852 milliards de F CFA), une multitude de sites d’orpaillage, etc. Quel est l’impact de cette explosion aurifère sur les conditions de vie des populations proches des sites miniers ? C’est à cette question principale que l’équipe de Agnès Zabsonré, Maxime Agbo, Juste Somé et Irène Haffin, a tenté de trouver réponses dans ses investigations. En clair, l’équipe a cherché à savoir si le boom aurifère a « contribué ŕ réduire la pauvreté ou les inégalités de revenus, et s’il a permis d’accroître le niveau de revenu moyen au Burkina Faso ». Ils ont aussi étendu leur examen « jusqu'à l’analyse des conséquences sur la scolarisation et le travail des enfants ». Au total, 8 500 ménages issus, aussi bien de départements avec productions minières que sans exploitations aurifères, ont constitué l’échantillon de l’étude. Des principaux résultats présentés par Agnès Zabsonré, se dégagent deux grandes tendances : des effets positifs et aussi négatifs. Ainsi, dans les zones avec production aurifère, les chercheurs ont noté « une baisse du taux de pauvreté de 8 points de pourcentage ». De même, par rapport aux zones sans exploitation, il ressort que la production de l’or a entraîné une « augmentation de 12% du revenu annuel moyen » des ménages. « Ces résultats peuvent, a priori, sembler surprenants », a avoué Agnès Zabsonré. Par contre, les résultats de l’étude ont démontré que dans ces départements, il y a un accroissement « des inégalités de revenus de même que le travail des enfants », ce qui nuit à leur scolarité. Ces localités, selon Agnès Zabsonré, enregistrent un taux de scolarisation plus faible (20% contre 33% dans les localités sans sites) ainsi qu’une proportion (63%) plus élevée d’enfants en âge d’aller à l’école qui se retrouvent à travailler sur les sites.

Baisse des exportations

La deuxième présentation du jour a porté sur, « Chute du cours de l’or, recettes fiscales et emploi : quelle stratégie d’adaptation pour le Burkina Faso ? ». Dans cette étude, Carole Sisso, Boureima Sawadogo et Maïmouna Natama ont évalué l’impact de la baisse du cours de l’or et de la modification du code minier sur les recettes fiscales et l’emploi au Burkina Faso. « Les résultats de l’analyse indiquent que la baisse du prix mondial de l’or et l’augmentation de la pression fiscale conduisent ŕ une baisse des exportations et des investissements pour l’ensemble de l’économie, ainsi qu'à une diminution des revenus des compagnies minières », a décliné Carole Sisso, comme étant les principaux résultats de l’étude. Quatre scénarii de simulation ont été effectués par les chercheurs : baisse de 15% du cours de l’or, hausse de 10% de la taxe sur la production des sociétés minières, hausse de 10% de l’impôt sur le bénéfice des mines et hausse combinée de la taxe sur la production (1%), l’impôt sur les bénéfices (10%) et l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (6,25%). En ce qui concerne le scénario n°1 par exemple, une baisse de 15% du prix de l’or, ont estimé les chercheurs, réduira les exportations d’or, conduisant à une baisse de 19% des emplois dans le secteur. « La chute du cours de l’or entraîne une baisse de 5,8% des recettes minières et de 15,9% des revenus publics », a indiqué Carole Sisso.

Face à la chute du cours de l’or, quelle stratégie adopter afin d’assurer la création d’emplois et la mobilisation des recettes fiscales ? A cette question, le groupe de chercheurs propose, entre autres, la mise en place, d’une redevance basée sur des unités, une fiscalité basée sur l’impôt, la rente ou le bénéfice, un fonds de stabilisation et l’utilisation adéquate des revenus p

ublics issus du secteur minier.Le président de l’Université Ouaga II, Stanislas Ouaro a salué la tenue de la conférence, car selon lui, l’université « doit contribuer ŕ la production de connaissances » et être au service de la société. Embouchant la même trompette, le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Alfa Omar Dissa, s’est réjoui du fait que les résultats de ces études puissent contribuer aux prises de décisions futures dans le secteur des mines. En attendant, il a souligné l’urgence d’organiser l’orpaillage au Burkina Faso, cette exploitation artisanale qui attire entre 600 mille à 1 million de personnes.

Sié Simplice HIEN

Chine-Burkina Faso : les relations commerciales auscultées

La dernière présentation du jour a eu pour thème : « Impact de l’expansion économique et commerciale de la Chine sur la croissance et l’emploi au Burkina Faso ». Selon le groupe de chercheurs, en dépit de la rupture des relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso en 1994, la présence commerciale et les investissements chinois au « pays des Hommes intègres » n’ont cessé de croître au cours des dernières années. Le commerce entre les deux pays en 2011 et 2012, a déclaré l’économiste Boureima Sawadogo, s’est intensifié avec une croissance de 32% des exportations du Burkina vers la Chine et 34% des exportations chinoises vers notre pays. Il s’agit des oléagineux, des minerais, des produits agricoles, manufacturés, alimentaires, etc.L’étude a alors montré que « l’expansion des relations économiques et commerciales avec la Chine a un impact positif sur l’économie du Burkina Faso ». Pour Boureima Sawadogo, une augmentation du stock du capital productif (avec les investissements chinois au Burkina) va générer des effets bénéfiques pour l’économie burkinabè, principalement en termes de croissance et de bien-être de la population. « L’analyse démontre que cela engendrerait une réduction des prix domestiques et donc une augmentation de la consommation privée », a-t-il expliqué.

S.S.H.
Commentaires

Dans le dossier

Activités économiques
Titrologie



Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment