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Toegui : réconciliation pour tous…
Publié le mercredi 26 octobre 2016  |  L`Observateur Paalga
Toegui
© Autre presse par DR
Toegui : réconciliation pour tous…




Ouaga la belle. Le beau Ouaga. Dans notre mémoire collective se trouvent tapies de grandes phrases et des expressions inoubliables prononcées par nos hommes politiques. Des phrases et des expressions qui collent à tout jamais à la peau de leurs auteurs. Même lorsqu’elles ont été dites il y a très longtemps on s’en souvient comme si c’était hier.

. « …les juges acquis… »

. « …la limitation du mandat présidentiel est anti-démocratique… ».

. « …Un pied dedans un pied dehors c’est dehors.. ».

. « …… ».

Le bruit avait même couru que quelqu’un aurait affirmé : « …ne vit pas à Ouaga qui veut mais qui peut… ».

Cette phrase, je jure sur mon petit doigt, je ne l’ai jamais entendue de ma vie. Ni à la radio, ni à la télé. Il se pourrait aussi que je l’ai entendue mais je ne m’en souviens pas. Dans tous les cas, avec le recul, on peut tout dire de l’auteur de cette sentence sauf qu’il n’était pas un visionnaire. C’était un visionnaire. Ouaga est effectivement devenu intenable. C’est une cité ou règne la loi de la jungle. Les vendeurs de portables ont tué les gérants de cabine téléphonique. Les tricycles Indiens ont tué les conducteurs de charrette. Dans les maquis, l’expertise des Nigérianes a tué l’expertise des Ghanéennes. Les motocyclettes Chinoises ont tué les taxis France au revoir et je vais vous dire. L’autre jour un taximan était incapable de me rendre la monnaie c’est-à-dire 200 francs sur un billet de 500 francs et je lui exprimai mon étonnement.

-Tu n’as pas 200 francs à me remettre ?

-Mon frère, y a pas monnaie. Je suis sorti depuis matin mais j’ai pas monnaie de 500 francs. Taxi ne marche pas ouais.

-Comment ça taxi ne marche pas ?

-A cause de motos. Motos est venu nous tuer. Tout le monde a moto. Toi-même tu n’as qu’à regarder sur goudron là.

Il me désigna du doigt un flot de motos déferlant sur les 2 pistes cyclables de Charles De Gaulle.

-Tu vois çà, tout le monde a moto, nous on va faire comment ? Et en plus taxi est à 300 francs. Quelqu’un va te prendre ici jusqu’à Kilwin et arrivé il va donner toi 300 francs. Moi je ne pars pas.

-Donc tu ne pars pas à Kilwin pour 300 francs ?

-Non je ne pars pas. Si je pars et si l’essence finit je vais faire comment ? Je vais pisser pour mettre dans le taxi ? Si je pisse mettre dans le taxi Simon va se lever pour dire que je veux tuer les gens comme si pipi là peut tuer les gens. C’est comme pour les gaz là, Simon dit que nous on veut tuer les gens. Or c’est faux, gaz, n’a jamais tuer quelqu’un. Il n’a qu’à aller au Ghana voir.

Dès le lendemain de cette rencontre, les conducteurs de taxi ont entrepris un sit-in. La raison de ce mouvement d’humeur était l’interdiction du gaz butane dans les véhicules. Cette décision avait été prise par les autorités en début d’année. Mais compte tenu de son caractère inopiné et des frais que la transformation du moteur nécessitait, le Syndicat des taximan avait sollicité et obtenu un délai pour la mise a exécution de la décision, soit 7 mois de répit. Le nouveau délai arrivait à expiration le 30 de ce mois.

Si les autorités ont pris la décision d’interdire l’utilisation du gaz par les taxis, c’est que ce combustible présentait à coup sûr un danger pour les populations. Question à 1000 élucus : malgré cette dangerosité du gaz, pourquoi avoir accordé une prolongation de 7 mois aux taxis au lieu d’ordonner l’application immédiate de l’interdiction. 7 mois ce n’’est pas peu. Si des drames étaient survenus durant cette période on aurait pu les imputer à l’Etat.

Force reste à la loi. Il suffisait seulement aux autorités de mettre en œuvre cette sacro-sainte règle. En Côte d’Ivoire, ils diraient que « Force reste à la loi ce n’est pas un mot, c’est un comportement ». Vous avez vu à la télévision Ivoirienne le mouvement de protestation organisé par l’opposition suite au projet de nouvelle Constitution ? L’ex Président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Coulibaly et le N°2 du FPI, Abdouramane Sangaré manifestaient dans la rue avec leurs militants. Tout d’un coup, des CRS équipés de tout leur attirail s’emparèrent violemment de Mamadou Coulibaly, le soulevèrent et le jetèrent sans ménagement dans un cargo de police. Pendant ce temps, Abdouramane Sangaré était assis sur la voie publique se livrant à un sit-in de protestation. Sans crier gare, les CRS l’empoignèrent, le trainèrent sur le macadam avant de le balancer lui aussi dans le cargo dans lequel gisait Mamadou Coulibaly. Force reste à la loi. Je vous avais dit que nous ne sommes pas si mal lotis que ça au Faso. Pourtant ici aussi force reste à la loi. C’est comme au Cameroun où un grave accident vient d’avoir lieu il y a 2 ou 3 jours faisant une centaine de morts et des centaines de blessés.

Au même moment, le Président Paul Biya comme à l’accoutumée se la coulait douce sur les bords du Lac Léman en Suisse.

Le cercle de mes FM s’est agrandi. Je viens de découvrir la Radio du Parlement qui me change de mes Mochichinautes du matin. Lorsque je suis lassé des ho ho ho !ha ! et des ha ha ha ! ho ! je me branche sur la radio du Parlement et j’écoute les débats des plénières. Vous devriez faire comme moi si vous voulez mieux connaître nos chers Honorables. A l’hémicycle ce n’est pas la quintessence. C’est plus que la quintessence. C’est la quintessence. La dernière Honorable que je viens de découvrir c’est la Dame Laurence Ilboudo née Marschal. Vous ne la connaissez pas ? Sachez qu’elle est de la lignée des Saran Sérémé et des Safiatou Lopez. Elle donne 2 coups pour 1.

La radio du Parlement offre un double intérêt. En plus des Députés, elle permet également de mieux connaître les Ministres qui se succèdent à l’hémicycle sur convocation de son Excellence Salifou Diallo.

La Ministre Rosine Coulibaly /Sori était au charbon le 20 Octobre. Encore une histoire de blanchiment d’argent. Des milliards. Encore des milliards. Décidément, ici au Faso les milliards sont comme des cacahuètes. Tout le monde est milliardaire. Tout le monde sauf Toégui. Hein !? Dites-moi c’est quelle couleur, un milliard ?

116 milliards ! A peine annoncé, voilà qu’il y a déjà des non-lieu. Comme toujours.

Mais Madame la Ministre, est-ce que vous ne feriez pas mieux de ne pas nous parler de ces milliards si au bout du compte ces milliards vont déboucher sur des non-lieu ? Oui, Madame la Ministre, ces Koulouba-papers, moins nous en saurons, plus nous nous sentirons mieux. Ou alors, si vous tenez absolument à nous en informer, donnez-nous des noms. Oui, des noms Madame la Ministre. Des noms afin que nous sachions à quoi ressemble un milliardaire et afin que nous leur rendions les honneurs dus à leur rang, comme à César. Et puis, milliards pour milliards, que sont devenus les 86 puis 96 milliards ou les 96 puis 86 milliards d’autrefois ? Allons, allons ! Passons tout ça en pertes et profits, c’est-à-dire les 86-96 milliards d’antan et les 116 milliards d’aujourd’hui. Réconciliation pour tous ! Réconciliation en tout genre ! Et si malgré cela, ça ne suffit toujours pas pour nous réconcilier, ajoutons dans la balance les 105 000 parcelles des Maires.

Au Bantaaré, Monsieur Emile éprouvait des difficultés pour nous convaincre qu’un bâtonnet plus un bâtonnet font deux bâtonnets.

Combien font un milliard plus un milliard ?
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L`Observateur Paalga N° 8221 du 27/9/2012

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