Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Lutte contre l’insécurité: le colonel Souley Mohamed nous parle des Koglweogo
Publié le vendredi 19 aout 2016  |  L`Observateur Paalga
Les
© Autre presse par DR
Les Koglweogo




Le colonel de gendarmerie à la retraite Souley Mohamed est un homme qu’on ne présente plus puisque bien connu dans le milieu sportif burkinabè et même sous d’autres cieux. Depuis qu’il a pris sa retraite, il s’est reconverti en fermier à Fada où il mène des activités agropastorales. En plus de cela, il est le président de l’Association pour le développement de la région de l’Est (ADERE), une contrée où les Koglwéogo sont très actifs. C’est justement d’eux qu’il nous parle, et il est contre leur démantèlement.



On dit de lui qu’il a une attitude distante et qu’il est un homme qui communique peu. Est-ce pour démentir cela qu’il n’a pas fait de difficultés pour s’entretenir avec nous sur un sujet, lequel est plus que jamais d’actualité ?

Mardi 16 août 2016 : nous voici, mon confrère Antoine Bationo des Editions Le Pays et moi, chez le colonel Souley Mohamed à Somgandé où il nous fait naturellement bonne chère. Il nous invite à prendre place dans une petite pièce qui semble être son cabinet de travail. Nous remarquons, d’entrée, qu’il a gardé une certaine habitude vestimentaire qui lui sied à ravir : le bazin et le bonnet qui ne le quittent presque jamais. A 64 ans (il est père de trois enfants), il est bien conservé et n’accuse pas encore une seule ride.

- « Voulez-vous du thé ou un café ? » nous demande-t-il. J’opte, moi, pour le second puisque l’heure à laquelle je suis chez lui est propice pour prendre la poudre soluble. Quelque temps après, le président (Nous l’appelons toujours ainsi parce qu’il a dirigé la Fédération burkinabè de football) nous dit qu’il reste à notre disposition pour répondre à nos questions. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il s’étonne que nous commencions cet entretien en parlant de ses défauts du fait qu’il communique peu. Non, rectifie-il, il plaisante bien sûr, mais dit que nous avons raison. C’est un défaut, confesse-t-il, et il en a entendu parler. Il en prend acte et se réfugie derrière cette célèbre expression du dramaturge français Destouches : « Chassez le naturel, il revient au galop. » Selon lui, on est ce qu’on est, c’est-à-dire avec nos qualités et nos défauts, avec nos forces et nos faiblesses. Cela est peut-être lié à son éducation, à sa formation et peut-être aussi à une certaine conception des choses. « Si ce que tu veux dire ne vaut pas mieux que le silence, alors tais-toi. », ajoute-t-il en citant un proverbe chinois. Par rapport à ce qu’il devient, il est occupé dans sa ferme à Fada où il mène des activités agropastorales depuis quelques années.



L’axe Koupéla-Fada-Kantchari



Le décor étant planté, le colonel nous rappelle qu’il a pris une retraite anticipée de l’armée en 2000 et que quatre ans plus tard, il est définitivement parti alors qu’il lui en restait sept. Depuis lors, il est à Fada, et en plus de ces activités dans la ferme il a été porté à la tête de l’Association pour le développement de la région de l’Est (ADERE). C’est une association non confessionnelle et apolitique. La région de l’Est, nous dit Souley, malgré de nombreuses potentialités, accuse un retard sur plusieurs plans : l’éducation, la santé, l’eau, etc. L’objectif de la structure qu’il dirige, c’est de développer des initiatives qui peuvent favoriser le développement de la région dans des activités multisectorielles. Ils ont reçu leur récépissé d’existence légale en octobre 2015 et depuis, ses collaborateurs et lui font de leur mieux afin de poser des actes concrets ; malheureusement, ils ont perdu leur secrétaire général, Laurent Couldiaty, lequel en était la cheville ouvrière et s’acquittait bien de sa tâche. L’ADERE, poursuit-il, a mis en place des bureaux provinciaux dans toutes les cinq provinces de la région, à savoir la Gnagna, le Gourma, la Komandjari, la Kompienga et la Tapoa. En outre, elle a l’intention de créer sous peu un journal pour mieux faire connaître leur région, non seulement ses potentialités, mais aussi ses principales difficultés. En parlant d’obstacles, Souley attire l’attention sur l’état de dégradation avancée de la route Koupéla-Fada-Kantchari qui cause avec malheureusement des pertes en vies humaines et des dégâts matériels de toutes sortes. Ils ont dépassé le stade de « nids- de-poule ». Aujourd’hui, c’est plutôt des « nids d’éléphant ». Aussi profite-t-il de l’occasion pour solliciter la compréhension des plus hautes autorités du pays en vue de solutions urgentes, même provisoires, surtout qu’il s’agit d’un axe international avec un trafic très important, qui dessert le Bénin, le Niger, le Togo et même le Nigeria via le Bénin. Comme on le dit : « La route du développement passe par le développement de la route. »



Ça peut paraître invraisemblable…



A la question de savoir comment l’ADERE compte favoriser le développement dans leur région, réputée pour son insécurité, le colonel ajuste un peu son bonnet avant de répondre : c’est une bonne question. Il a été effectivement, révèle-t-il, interpellé sur la question de l’insécurité en tant que président de l’ADERE. Les populations, dit-il, ont été traumatisées par cette insécurité qui provoque des taux records de braquage, de vols, de viols et de meurtres. Il s’empresse même d’ajouter que cette insécurité, il convient d’en parler. De par le passé, raconte-t-il, on pouvait se rendre d’une localité à une autre sans se douter de quoi que ce soit pour soi-même et ses biens (en dehors des accidents qui peuvent survenir). Les populations vaquaient à leurs occupations sans trop s’inquiéter de leur sécurité et de celle de leurs biens-là aussi en dehors des cas de vols ; c’est un phénomène de société condamnable certes, mais qui existe et existera-. Voilà que, depuis une quinzaine d’années, poursuit-il, un phénomène nouveau de par son ampleur et sa gravité créé la psychose. Des bandits armés, et souvent munis d’armes de guerre, sèment la panique ; ils volent, violent et tuent. Si vous êtes un usager de la route, vous voyagez dans des conditions psychologiques pénibles en vous demandant où et quand vous serez victime de braquage et cela jusqu’à votre destination. Nul n’en est à l’abri, fait-il remarquer, et dans les campagnes, c’est la même situation de psychose. Les commerçants, les paysans, les agriculteurs et éleveurs, tous vivaient dans la hantise de ces exactions criminelles. Vous vendez les produits de vos récoltes (sésame par exemple), ils en sont informés et viennent vous obliger à leur reverser une bonne partie des recettes. Et il en est de même quand vous vendez votre bétail.

Notre fermier, qui sait de quoi il parle, affirme que ceux qui refusent d’obtempérer sont battus et souvent mis à mort. Les vols de bétail ont connu une recrudescence à tel point que dans certains villages, des hommes passaient la nuit dans les arbres pour faire le guet. Selon lui, voilà les réalités que vivaient les populations. Ça peut paraître invraisemblable ou sortir de l’imaginaire et pourtant, ce sont les tristes réalités et il faut avoir le courage d’en parler. Mais il constate que depuis deux mois, il y a une incontestable accalmie et les gens peuvent respirer mieux. A l’origine de cette situation sécuritaire, dit-il sans hésiter, les Koglwéogo.



Les Koglwéogo



Le colonel, qui connaît cette région de l’Est comme sa poche, a-t-il déjà été victime d’un braquage ? Fouillant dans sa mémoire, il répond qu’il n’en a pas été (Dieu merci !) personnellement victime. Mais il a malheureusement perdu son petit frère qui faisait le transport sur les axes Fada-Bogandé et Fada-Kantchari. Après qu’il a échappé à une première attaque, la seconde lui a été fatale. Il est mort en laissant une veuve et cinq enfants. Il y a 12 ans de cela (en 2004) et il ne dit pas cela pour influencer ou émouvoir. Du reste, précise-t-il, il y a eu plusieurs cas de morts d’hommes. Il soutient que les Koglwéogo ont contribué à réduire l’insécurité. Si vous en doutez, dit-il, vous n’avez qu’à projeter un voyage dans la région et vous aurez mêmes des témoignages saisissants.

Des Koglwéogo, on le sait, défraient la chronique avec des bavures de toutes sortes. Là-dessus, il reconnaît que certains d’entre eux ont commis des bavures, des actes répréhensibles, condamnables et aux antipodes de ce que l’on est censé voir dans un Etat de droit. A ce sujet, il est en phase avec nous et estime que dans un Etat de droit force doit rester à la loi. Le colonel de gendarmerie qu’il reste est bien gradé pour le savoir. Ces actes et comportements les ont desservis. C’est bien dommage. Du reste, ils ont eu l’occasion à maintes reprises d’échanger avec leur responsable, Moussa Thiombiano, dit Django, un de ses amis d’enfance, au siège de l’ADERE à Fada. C’était le cas par exemple lors de la crise dite des « Koglwéogo de Fada », qu’ils ont connue et qui avait engendré une paralysie de plusieurs secteurs d’activités (le marché est resté fermé pendant quatre jours). Souley déclare qu’il a fallu des rencontres de sensibilisation et des démarches pour ramener le calme et permettre la reprise des activités au marché. Mais depuis quelque temps, on n’entend plus parler de bavures et autres actes répréhensibles. Il pense, d’ailleurs, que le message du ministre en charge de la Sécurité est bien passé et qu’il y a l’espoir de meilleures perspectives de collaboration avec les Forces dé défense et de sécurité (FDS). C’est le sentiment qu’ils ont à l’ADERE et la preuve en est que plusieurs braqueurs ou voleurs pris par ces Koglwéogo ont été remis aux FDS de Fada.



La police de proximité et les FDS



L’ancien chef du cabinet militaire à la Présidence du Faso a abordé les deux sujets. La première, dit-il, a été créée s’il ne s’abuse en 2005 avec comme objectifs le rapprochement avec la population, le partenariat, la prise de mesures préventives…. C’est vrai, le projet en lui-même est une bonne chose, mais il se demande si, dans le cadre de la lutte contre l’insécurité actuelle, il avait des chances d’aboutir à des résultats concrets et rapides. « Les initiateurs du projet avaient-ils pris en compte ce paramètre déterminant, à savoir le mur d’incompréhension et de suspicion qui existe malheureusement entre la population et les hommes de tenue en général ? », demande-t-il. En réalité, explique-t-il, la démarche police de proximité ou « proximité » pour faire court ne s’obtient pas par décret. Elle s’acquiert à travers un comportement quotidien, un comportement qui inspire la confiance auprès des populations. Qui plus est, elle suscite l’adhésion qui suppose le rapprochement, le partenariat et … le renseignement. Autrement dit, même si on recrute dix mille policiers et gendarmes dans la perspective de cette police de proximité, tant que ce mur se dressera entre eux et les populations, il sera difficile d’atteindre des résultats concrets.

Pour lui, c’est dire qu’il faut former nos hommes sur le plan civique et faire de la sensibilisation afin qu’ils puissent se fondre dans la population et jouer pleinement leur rôle. Cela se fera si tout le monde s’y met, mais ce n’est pas évident à court terme. Pendant ce temps, on vole, viole, tue. Alors qu’est-ce qu’on fait ? demande-t-il. On regarde les populations subir ce calvaire ? s’interroge-t-il encore. Et quand il parle de populations, c’est monsieur « Tout le monde » des villes, des villages les plus reculés.

Sur le deuxième point, les patrouilles des FDS en véhicules sur les routes, le colonel note que nos FDS se battent comme elles peuvent, surtout qu’elles ont affaire à des malfrats souvent armés jusqu’aux dents. Mais pour que ces patrouilles soient effectivement efficaces, il eût fallu les faire de manière très rapprochée les unes des autres de jour comme de nuit sur les axes bitumés comme sur les routes à l’intérieur du pays. Il conclut que cela demande des moyens, et il n’est pas aisé de réaliser cela.



Les girocoptères



Ce sont des appareils (ils sont semblables à l’hélicoptère) qui ont été acquis par le Burkina pour lutter contre le grand banditisme. Mais avec ce climat d’insécurité, le colonel ne sait pas si c’est évident. Ils sont basés à Ouaga, mais s’ils doivent intervenir dans un rayon de 200 à 300 km, est-ce que vous voyez ? Les malfrats ont le temps de faire même « deux sales coups » avant de s’évanouir dans la nature. A titre d’exemple, il a dit que sur l’axe Fada-Pama, un bus transportant une vingtaine de passagers a été braqué. Un policier, qui était à bord, a voulu intervenir et les brigands ont ouvert le feu : bilan 3 morts dont le policier. Souley a ouvert une parenthèse pour saluer le courage de ce policier, lequel avait à l’esprit de défendre les passagers. C’est la preuve, ajoute-t-il, qu’il y a dans les rangs des FDS des hommes valeureux prêts à tous les risques pour défendre nos concitoyens. C’est environ deux heures après que l’on a vu un girocoptère survoler la zone…

Est-ce parce que les mesures prises par les autorités n’ont pas eu l’effet escompté que les Koglwéogo ont pu faire surface et avoir autant de notoriété ? Pour le colonel, une chose est sûre : « c’est depuis quinze ans environ que ce fléau a fait jour (avec toute son ampleur) et les choses sont allées de mal en pis. Aujourd’hui, tout indique que les résultats sont évidents. Il y a une nette amélioration de la situation sécuritaire et, cerise sur le gâteau, cela dans un esprit de collaboration entre les Koglwéogo et les FDS. C’est à saluer et il pense que les premiers cités sont présents sur le terrain. Leur force ne repose pas sur les armes de chasse qu’ils possèdent. Leur efficacité est due au fait qu’ils sont dans la population, vivent avec elles, partagent les mêmes préoccupations quotidiennes. Ils se connaissent bien entre eux. On sait qui est qui et qui fait quoi. Comme certains le disent, « on se sait dans le village » et dans ces conditions, la communication est facile. Bien plus, les informations ou les renseignements circulent aisément. »

Le colonel fait remarquer que les malfrats eux aussi vivent avec ces populations, et on finit par savoir tôt ou tard qui a fait quoi. Il est convaincu que sur le terrain, les Koglwéogo sont appréciés. La fausse note, ce sont les bavures qu’ils ont commises, mais là aussi ils ont fait amende honorable et c’est tant mieux. L’idéal, naturellement, c’est qu’ils collaborent vraiment avec les FDS. Il ne faut pas croire qu’ils peuvent, seuls, être la solution au problème de l’insécurité, et c’est important de le reconnaître et de le dire. Mais en tandem avec les FDS, cela apporterait des résultats positifs. En fait, dit-il, le binôme FDS-Koglwéogo, c’est déjà une forme de police de proximité.



Se muer en rébellion ?



L’une des craintes de beaucoup de gens, c’est de voir un jour ces Koglwéogo se transformer en rébellion et porter atteinte à la sûreté de l’Etat. Le colonel partage-t-il cet avis ? Il nous répond en substance : mettez d’un côté les Koglwéogo avec leurs armes de chasse et de l’autre côté ces malfrats avec leurs armes de guerre. Et dites-nous d’où peut venir le risque de rébellion. C’est évident, dit-il, ceux qui possèdent les engins de mort sont ceux qui peuvent demain être potentiellement un danger pour l’Etat si rien n’est fait. Ils constituent, de ce fait, un terreau favorable à ceux qui ont des ambitions inavouables. Que Dieu nous en garde ; c’est pour cela qu’il est impératif de les anéantir sans délai et sans tergiverser. C’est un véritable fléau. L’autre préoccupation, c’est la récupération que des hommes politiques pourraient d’une façon ou une autre faire des Koglwéogo, et on dit même qu’il y a des repentis parmi eux. Le colonel nous observe un instant et déclare : « Ecoutez, je ne suis pas un politicien. Les débats politico-politiciens, je ne me mêle pas de cela. Ce que je peux vous dire, c’est que l’environnement sociopolitique dans lequel nous vivons a évolué, et cela à la faveur des événements récents que notre pays a connus. Les Burkinabè, aujourd’hui plus qu’hier, sont devenus très exigeants. Ils ont des attentes en matière de démocratie, d’alternance politique, et c’est leur droit. Et je pense encore que tout le monde en est conscient. »

Pour ce qui est des repentis au sein des Koglwéogo, il ne sait pas de quels repentis il s’agit exactement. Il n’est pas Koglwéogo et il ne se mêle pas de leurs activités. L’ex-pensionnaire de l’Ecole militaire interarmes (EMIA) de Yaoundé sait seulement qu’ils les ont rencontrés dans le cadre des démarches et sensibilisation en vue de ramener le calme à Fada. Cependant, il va du principe que pour arrêter des malfrats, ces Koglwéogo sont obligés de faire des « investigations » au sein des populations. Dans ce domaine, il peut arriver que l’on « retourne » un candidat en repentir (cela dépend de ce qu’il a fait) pour avoir des informations en vue d’arrêter les autres membres du réseau. Au risque de choquer certaines âmes sensibles, il affirme que c’est une pratique qui existe. Si vous voulez démanteler un réseau de mafieux, vous pouvez être amené à le faire dans le but d’atteindre le cerveau de l’organisation afin de le neutraliser et de démanteler le réseau. Dans ce contexte, précise-t-il, la fin peut justifier les moyens (la fin étant ici une cause noble, à savoir débarrasser la société de cette pègre).

Le colonel Souley nous renvoie à l’adage millénaire selon lequel « si vous ne pouvez pas prendre la citadelle de l’extérieur, il faut tenter de la prendre de l’intérieur. » Dans la lutte contre l’insécurité dans la région, il n’a pas été approché par quiconque, mais il a échangé avec des responsables qu’il a rencontrés à Fada comme à Ouaga pour leur suggérer de revoir les stratégies afin de les mettre en adéquation avec le mode opératoire de ces criminels. Selon lui, ce mode opératoire repose sur l’effet de surprise, la mobilité, la facilité et la rapidité dans le repli dans la nature ; autrement dit, ils apparaissent subitement, font leur sale besogne et disparaissent dans la brousse pour ensuite se mêler aux populations. Ces gens-là, dit-il, n’attendent pas les photographes et on a donc peu de chances de voir leurs exactions criminelles sur le Net ou sur les réseaux sociaux.

A la lumière de tout ce qui précède, il est contre le démantèlement des Koglwéogo, et le faire, c’est occulter les problèmes graves de sécurité que vivent les populations, et cela peut s’apparenter à de la non-assistance à populations en danger. Le colonel souligne que cela fait des années que les gens ont un sentiment d’impuissance face au calvaire qu’ils vivent. Or, comme on le sait les sentiments que l’on étouffe finissent toujours par opérer une résurgence un jour ; c’est une dynamique implacable. Alors il dit avec force que : « Démanteler les Koglwéogo sans supprimer les causes fondamentales de leur émergence ou de leur résurgence serait un non-sens. » De son point de vue, il convient de les organiser, de les encadrer et il souhaite même que l’on aille plus loin dans la réflexion parce qu’il n’y a pas que les Koglwéogo comme organisation d’auto-défense. Il y a aussi les dozos dans l’ouest et le sud-ouest du pays qui luttent de manière efficace contre l’insécurité, et ce en intelligence avec les FDS. Toutes ces organisations d’autodéfense, précise-t-il, peuvent être intégrées dans un système ou dans une stratégie de sécurité nationale. Alors ne rejetons personne, car la sécurité nous concerne tous. Il résume cela en ces termes : « FDS-Koglwéogo-dozos, même combat. »



La CAN 2017 et le Mondial 2018



Partir de chez le colonel, qui a occupé des responsabilités sportives (président du comité de soutien aux Etalons, coorganisateur du tournoi des Black Stars à Ouaga, président de la FBF, membre de la Commission organisation de la CAF et désigné plusieurs fois commissaire de matches de la CAF et de la FIFA) sans parler du onze du Burkina ne serait peut-être pas compris par des gens.

C’est vrai qu’il s’est retiré du milieu, mais il reste un passionné de football. Il lit beaucoup et naturellement il suit l’évolution de notre sélection nationale qui jouera son dernier match qualificatif pour la CAN 2017 au Gabon contre le Botswana en début septembre à Ouagadougou. Il pense que c’est une équipe qui est à notre portée et que si les enfants mouillent le maillot, nous devrons pouvoir nous qualifier pour la CAN. Et après cette rencontre, ils vont entamer un autre parcours qualificatif pour la Coupe du monde 2018 en Russie. Pour la circonstance, le Burkina sera opposé au Sénégal qui est une grande nation de football à l’échelle africaine. Le Cap-Vert est devenu un pays qui se fait respecter sur le plan continental avec des individualités qui jouent dans les championnats nationaux du Portugal. Enfin, le dernier adversaire, l’Afrique du Sud, est bien connue même si depuis un moment elle est en baisse de forme. Tout ce que le colonel souhaite, c’est que nous ayons cette fois la chance d’aller à une Coupe du monde.



Justin Daboné
Commentaires

Dans le dossier

Lutte contre l`insécurité
Titrologie



L`Observateur Paalga N° 8221 du 27/9/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment