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Safiatou Lopez : «Au MPP, il y a des gens qui veulent ma tête»
Publié le mercredi 17 aout 2016  |  L`Observateur Paalga
Safiatou
© aOuaga.com par A.O
Safiatou Lopez/Zongo, présidente d`honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC)




Aujourd’hui elle est une figure de proue de la société civile. Activiste de premier rang depuis l’insurrection populaire, femme d’affaires, Safiatou Lopez/Zongo, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est actuellement sous les feux des projecteurs du fait de ce conflit ouvert entre elle et les magistrats du Burkina Faso, par suite de ses menaces à peine voilées d’incendier le palais de justice en représailles aux décisions contestées de l’institution judiciaire.

Grand entretien avec Dame Lopez, hier passonaria de la Transition et aujourd’hui en délicatesse avec les barons du MPP, le parti au pouvoir.


L’opinion publique vous a découverte à la faveur de l’insurrection populaire. Qui est Safiatou Lopez au juste ?



Je suis une citoyenne comme tout autre, entrepreneur évoluant dans les BTP (NDLR : bâtiments et travaux publics) depuis plus de douze ans. Je construis des routes et des bâtiments. Je suis présidente de l’Association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC), une association qu’on a créée en fin 2013.



Des BTP à l’activisme dans la société civile et aussi en politique, comment vous arrivez à concilier affaires et militantisme ?



Je ne suis pas politique, il faut le dire. Je ne sais pas faire la politique parce que je ne sais pas faire semblant. Quand je pense que c’est bleu je dis que c’est bleu, même si je n’ai pas raison. Je ne peux d’ailleurs pas avoir toujours raison. Mais je dis toujours ce que je pense. La tentative de mise en place du Sénat, celle de révision de l’article 37, du référendum et même l’incivisme alors ambiant les dernières années du régime Compaoré nous ont poussés à créer l’association afin d’apporter notre pierre à la construction de notre pays. Et c’est comme cela que c’est parti.



Récemment vous avez été auditionnée par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) et vos camarades ont pris d’assaut ledit service sis à Wemtenga pendant que vous étiez entendue. Pensez-vous que c’était nécessaire de mobiliser le ban et l’arrière-ban des organisations de la société civile pour vous y accompagner ?



Si j’avais mobilisé du monde, je crois que les trois ou quatre cargos d’éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) déployés sur les lieux n’auraient pu le contenir. Les CRS n’ont même pas eu besoin de contenir qui que ce soit là-bas. Je n’ai pas donné de mot d’ordre parce que je pense que ce n’était pas nécessaire. J’ai simplement informé mon entourage que j’avais été convoquée et que j’allais y répondre. Et d’ailleurs on m’a convoquée par téléphone en dehors des heures de service. J’en ai informé mon avocat qui était absent de Ouaga, et dès son retour il m’a accompagnée. C’est ainsi que les choses se sont passées. Je n’ai appelé personne d’autre pour me soutenir. Moi, je suis une citoyenne, je ne suis pas au-dessus de la loi. Je pense que s’il y a des choses qui me sont reprochables, on a le droit de m’interroger là-dessus et je m’assume aussi. Je n’ai pas toujours raison, mais je dis toujours ce que je pense.



Ce jour, lorsque l’audition durait, vos partisans menaçaient d’envahir les locaux du commissariat. Même si vous n’êtes pas forcément responsable de cela, pensez-vous que le fait de s’être insurgé pour apporter le changement démocratique au Burkina Faso donne droit à ce genre de comportement ?



Aujourd’hui on ne peut pas dire que la population est satisfaite de la justice. Cela parce qu’il y a des crimes impunis, beaucoup de choses sur lesquelles les juges se sont assis et ne se prononcent pas, y compris leur propre corruption. Des juges ont été nommément cités dans des affaires, la présidente de la Cour de Cassation s’est inscrite en faux et personne n’en parle. Moi je peux dire que j’ai attiré l’attention des juges sur cela. Et pour l’avoir fait à ma façon, on me convoque. C’est normal que certains trouvent que ma méthode ne convient pas. Mais il y a eu des crimes de sang, des crimes économiques, et aujourd’hui leurs auteurs sont là et narguent le peuple. Quand on dit que mes partisans ont essayé de prendre en otage le commissariat, je n’en sais rien parce que je n’étais pas dehors. J’étais à l’intérieur. Je sais seulement qu’à la fin de l’audition, le commissaire m’a demandé de signer une version non corrigée du procès-verbal parce que leur imprimante était en panne et il recevait des coups de fil. J’en ai exigé une version correcte. En attendant que leur machine recommence à fonctionner, il m’a demandé d’aller calmer mes partisans. J’y suis allée. Quand on m’a présenté la version corrigée, je l’ai signée.



Parfois quand on vous écoute surtout sur la question de la justice, on a l’impression que vous vous sentez au-dessus de la loi. Cela est dû à votre franc-parler peut-être. Mais est-ce parce que vous dénoncez des libérations provisoires que vous ne devez pas être inquiétée ?



Sous la Transition, des éléments de l’ex-RSP (NDLR : Régiment de sécurité présidentielle) ont déclaré connaître le domicile des leaders des organisations de la société civile et que si jamais on les critiquait, ils y feraient une descente musclée. Et moi, j’ai convoqué la presse et j’ai parlé. Cela veut dire que pour mon pays je suis prête à mourir, et cela n’a pas commencé aujourd’hui.

Non, je ne suis pas au-dessus de la loi. Mais les juges non plus ne sont pas au-dessus de la loi. Qu’ils le sachent. Il y a des juges qui sont cités dans des affaires de corruption mais ils ne sont pas inquiétés. Tenez, l’affaire ‘’Concorde’’ par exemple où il a fait une conférence de presse. Il les a cités nommément, ces juges-là. Si Concorde (1) n’a pas été poursuivi c’est qu’il y a un fond de vérité. Mais lesdits magistrats ne sont pas poursuivis.

Comment les mandats d’arrêt contre Guillaume Soro et Blaise Compaoré ont été levés ? Comment la présidente de la Cour de Cassation peut-elle s’inscrire en faux ? Comment en l’espace de deux heures on peut rendre deux décisions contradictoires ? A 10h00, ils avaient refusé de lever les mandats et à 12h00, ils ont découpé la première décision par le haut afin de coller la seconde décision levant lesdits mandats. Si vraiment nous sommes dans un Etat de droit, est-ce que la présidente de la Cour de Cassation peut être au-dessus de la loi ? Est-ce que le peuple mérite cela ? Est-ce que les juges cités dans les affaires de corruption sont au-dessus de la loi ?

Moi je n’ai pas brûlé l’Assemblée nationale. Et je n’ai pas dit que j’allais brûler le palais de justice. Ceux qui sont en train de s’exciter, ce sont les proputschistes. Je peux comprendre que ce soient les militants de la NAFA et du CDP qui s’excitent parce qu’ils ont leurs camarades qui sont enfermés. Mais ils sont enfermés pourquoi ? Parce que des gens sont morts et ce n’est pas de la fiction, c’est la réalité. Il y en a qui sont morts il y a plus de vingt ans et leurs parents n’en connaissent pas encore les circonstances ni les causes. Est-ce que vous pensez qu’on peut tuer votre enfant parce qu’il a eu des revendications et vingt ans après vous ne savez même pas où les bourreaux l’ont enterré ? Je dis qu’il y a un problème.

Il y a eu des gens qui ont tenu des propos beaucoup plus graves que ce que j’ai dit et les juges n’ont jamais levé le petit doigt. Pourquoi ? Je dirais que ce sont des alliés. Pourquoi ils n’ont jamais rien dit ? Est-ce qu’ils pensent que les auteurs desdits propos sont au-dessus de la loi ? Même le président du Faso est critiqué dans l’exercice de ses fonctions. Sur les réseaux sociaux, dans la presse, on critique le gouvernement. Est-ce pour cela qu’on doit être convoqué en justice ?



Pensez-vous qu’on s’acharne sur vous ?



Que ce soit moi ou pas moi, je dis seulement que c’est inadmissible.



Vous affirmez ne l’avoir pas dit, mais vos propos ont été compris comme une menace d’incendier le palais de justice. Vous ne pensez pas parfois que vous allez trop loin?



Non, je dis ce que je pense. On peut m’en vouloir, me détester pour cela, mais ça c’est moi. Je n’ai pas menacé de brûler le palais. J’ai dit : «Ça nous fera mal que le palais connaisse le même sort que l’Assemblée nationale, mais si la justice ne nous laisse pas le choix, on n’aura pas le choix». S’ils persistent à libérer de grands criminels et à enfermer des voleurs de poulets, l’avenir nous dira si j’ai eu raison ou pas. Est-ce que la justice est là pour les riches seulement ? Non, elle doit être là pour tout le monde.



N’y a-t-il pas autre façon de dénoncer ?



Peut-être que vous allez me montrer comment il faut le faire. Moi je mène ma lutte comme je peux, mais peut-être que si vous m’aidez, je vais mener le combat comme il se doit. Moi je vous dis : je ne suis pas une sainte, je ne suis pas Dieu, je ne détiens pas la vérité absolue. Mais je dis ce que je pense, c’est tout.



Au fait, qu’est-ce qu’on vous a reproché exactement au cours de l’audition ?



C’est là tout le problème. Ils ont cherché en vain le chef d’accusation. Ils ont évoqué les propos tenus devant le palais de justice. Pour cela, le procureur du Faso et les syndicats de magistrats ont déposé deux plaintes contre moi. Et de ma toute ma petite expérience, je n’ai pas fait le droit, mais d’après ce que mon conseil m’a fait savoir, le procureur engage des poursuites contre une personne seulement sur instruction du ministre de la Justice. Dans ce cas, la plainte du procureur contre moi signifie qu’il a reçu des instructions du garde des Sceaux, et c’est à ce dernier qu’il faut demander qui lui a donné instruction de me poursuivre.

A votre avis ?

C’est tellement facile de savoir qui a donné instruction au départ. Que les syndicats des magistrats déposent une plainte contre moi, je le comprends. Qu’en plus de celle-ci dont le procureur est solidaire en tant que magistrat, il y ait une plainte du parquet, je le comprends qu’il a reçu des consignes. Et derrière cette seconde plainte, il faut voir du côté de celui à qui le ministre de la Justice doit son poste. Mais nous attendrons jusqu’au bout de la procédure tout en n’étant pas au-dessus de la loi. Si je commets des exactions, que la justice me poursuive.

Que pensez-vous de la mise en œuvre du pacte national de renouveau de la justice ?



Je dis simplement que le fonctionnement actuel de la justice ne répond pas aux aspirations du peuple. Rien n’a changé.



Très fréquemment on entend les militants des OSC prétexter défendre les acquis de l’insurrection populaire pour se permettre certains comportements. Qu’entendez-vous par acquis de l’insurrection ?



Acquis de l’insurrection ne veut pas dire qu’on est au-dessus de la loi. Ces acquis sont à mettre à l’actif du peuple tout entier et pas seulement des OSC. Beaucoup sont sortis (les 30 et 31 octobre 2014) sans être militants d’une association ou d’un parti politique. Ils sont sortis parce qu’ils étaient assoiffés de justice. S’il est vrai que les OSC ont sensibilisé les populations, c’est le peuple, et non la société civile ni les partis politiques, qui a arraché lesdits acquis. C’est à lui le mérite. La société civile et les partis politiques qui ont joué les rôles qui étaient les leurs ont aussi leur mérite.



Quel contenu exact donnez-vous à l’expression « acquis de l’insurrection populaire »?



Nous avons voulu un changement. Nous l’avons eu. Maintenant il appartient au nouveau régime de tout faire pour que le peuple se retrouve dans ce changement-là. Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas ce que le peuple veut. Ils le savent très bien parce qu’ils étaient dehors aussi quand le peuple est sorti. C’est à eux de travailler à ce que le peuple se retrouve dans ce qu’ils font.



D’après vous, ce changement est-il en marche ?



Moi je ne sais pas, je ne suis pas dans le gouvernement. Mais je regarde, je suis comme vous.



En tant que leader d’OSC, vous devez veiller au grain afin que le cap du changement soit maintenu !



Mais nous dénonçons et à partir de cela vous devez savoir ce qui ne va pas.



Pour certains, votre agitation actuelle est un écran de fumée pour faire oublier votre passé puisque tour à tour vous avez pactisé avec le CDP, la FEDAP/BC puis avec Yacouba Isaac Zida sous la Transition.



Faire oublier quoi ? J’ai soutenu la Transition et si c’était à refaire, j’allais le refaire. Mais les exactions et les bourdes de Zida ne me sont pas imputables. Je n’étais pas dans le gouvernement. Je n’ai pas pris l’argent de Zida. Celui qui s’y retrouve va répondre. Pourquoi je voudrais qu’on oublie ? J’ai fait un combat. Si j’ai refusé de quitter le Burkina à la demande de mon époux qui n’est pas d’ici, c’est parce que je me suis dit que c’est mon pays et que si je dois mourir, je meurs au Burkina Faso. J’avais la possibilité de partir avec mon mari au moment où ça chauffait. Mais j’ai dit que je ne bougeais pas. Je n’ai pas à quitter ma patrie. Pourquoi je voudrais qu’on oublie ce que j’ai fait ?

S’agissant de la FEDAP/BC, je n’ai même pas envie d’y revenir. Je n’ai jamais pris la carte de cette fédération. Je n’ai jamais su même qu’il y avait des cartes de membre. Je ne sais pas si vous savez comment fonctionnait cette association. A la FEDAP/BC, on venait vous demander un soutien parce qu’à ce que je sache, elle vivait des soutiens des opérateurs économiques. Ses responsables approchaient les gens pour leur demander de soutenir telle ou telle activité qu’ils organisaient. Et pour moi, en les appuyant, je faisais quelque chose pour mon pays, de la même manière que j’ai apporté mon soutien aux sinistrés de 2009. Mais quand on a demandé de l’argent pour le CDP en vue des élections couplées de 2012, j’ai refusé. Celui qui me l’a demandé est encore là, à la Chambre de commerce.

On dit que j’ai soutenu Zida. Non, j’ai plutôt soutenu la Transition parce qu’elle a été mise en place de façon consensuelle par les forces vives de la nation. Je ne connaissais pas Zida. Je l’ai découvert devant l’état-major général des armées. Je ne l’avais jamais vu auparavant.



Justement, parlant de Zida, vous qui étiez à tu et à toi avec lui, est-ce que vous avez de ses nouvelles ?



Je n’ai jamais su quand est-ce que Zida est parti. Quand les gens disent que je suis très proche de lui, je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Je ne veux pas parler de cela parce qu’il y a beaucoup de choses qu’on a laissé passer pendant la Transition, parce qu’on ne voulait pas que le RSP sache qu’il y avait des problèmes. Ceux qui étaient proches de Zida sont toujours ici, ils savent que je dis la vérité. Il y a eu des moments où j’appelais Zida mais il ne me décrochait pas, mais quand il me voyait devant les gens, parce qu’il y a des choses que je n’aurais pas accepté de faire, parce qu’on ne peut pas me manipuler, il faisait comme si de rien n’était. Au début, ça me frustrait, mais après je me suis dis que ça n’en valait pas la peine. Sinon pendant la Transition, il y a des jeunes qui disaient qu’ils iraient brûler des pneus devant le Primature. Ils ont dit que même si on allait les enfermer, les tuer, ils le feraient parce qu’ils se sont battus et ne peuvent pas comprendre que certains en profitent pendant qu’eux qui n’ont rien. Je leur ai dit que quand nous avons commencé la lutte, personne n’a promis quelque chose à quelqu’un et que s’ils partaient là-bas, le RSP aurait su qu’il y avait un problème entre nous, aurait pris la Transition en otage et il n’y aurait pas d’élections. Au départ, nous étions tous dans la coordination des OSC et si nous, nous en sommes partis, c’est parce que nous nous en sommes sentis à un moment donné mis à l’écart, et on n’avait plus toutes les informations. Nous sommes donc partis avec l’idée de créer un cadre de concertation parce qu’on ignorait ce qui se passait au niveau de la coordination. On était membre, mais on n’avait pas d’informations. On voyait aussi les gens aller rencontrer le président Kafando, on l’apprenait à la télé comme tout le monde et nous avons relevé cela lors des assemblées générales, mais ça n’a jamais marché. D’autres ont dit qu’il fallait faire une AG et les faire tomber et j’ai dit que cela montrerait au RSP le problème qu’il y a en notre sein. Ce que nous pouvions par contre faire, c’était de nous en retirer. On s’est entendu et on a créé le Cadre de concertation nationale des OSC. Au moment où on quittait la coordination, il n’y avait pas plus de cinq associations. Qu’on me croie ou pas, je sais ce que j’ai mis comme argent dans cette lutte pour l’intérêt de la Nation.



Dites-le nous, nous on va vous croire.

Cela veut dire que ce n’est pas vrai que vous avez bénéficié du marché de la construction du mur du camp militaire de Fada, octroyé par Zida ?



Mais les gens sont des malades ! Allez vérifier au Génie militaire, ce marché m’a été octroyé avant la Transition. Tous mes marchés et travaux avaient d’ailleurs été arrêtés pendant cette période.



A ce qu’on dit, entre vous et Salif Diallo, le courant ne passe pas du tout. Est-ce que vous avez un problème particulier avec le président de l’Assemblée nationale ?



Je dirais que si Salif Diallo a un problème avec moi, c’est peut-être dû au fait que je ne suis pas manipulable, sinon on n’a jamais eu de problème. Lui et moi avons échangé une fois et je lui ai dit ce que je pensais et c’était devant Simon Compaoré au début de la Transition. Mais je dis aussi que si on n’avait pas soutenu cette transition, lui, il n’allait pas être président de l’Assemblée nationale. De nos jours, on a de l’espoir mais avant on ne savait pas ce que ce pays allait devenir si le RSP avait réussi son coup d’Etat. Je n’ai pas de problème avec Salif Diallo, si lui en a un avec moi ça ne m’incombe pas.

Je sais que Salif Diallo a dit qu’il a quelqu’un à positionner à la tête de la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat, il a déjà appelé quelqu’un pour lui dire de me dire également de m’écarter. Il l’a fait parce qu’ils ne veulent pas me donner la Chambre de commerce. Mais qu’il sache qu’il s’agit de vote et que si je ne suis pas élue, je n’en ferais pas un problème. Ma lutte pour la Chambre de commerce n’a pas commencé aujourd’hui. Ce n’est pas parce que maintenant ils ont le pouvoir qu’il va trouver quelqu’un et me dire de m’écarter, il n’a même pas le droit de dire cela.



Cela veut dire que vous êtes toujours en lice ?



Je suis candidate. Rien qu’à cause de ça je serai candidate. Maintenant ce sont les votes qui vont nous départager. Certaines personnes parlent de niveau, mais de qui se moquent-ils ? Il faut qu’ils arrêtent d’insulter les gens. Moi je connais mon niveau. Il y en a d’autres mêmes qui ne sont pas passés par la porte de l’école, mais ils disent qu’ils sont candidats. Un jour quelqu’un a dit que je n’ai aucun diplôme mais j’ai mis dans mon dossier que je suis diplômée de l’Ecole des Hautes études commerciales de Paris. Mais c’est vrai, j’ai trois diplômes de HEC Paris. Aujourd’hui mes ennemis ne sont pas que CDP et NAFA ; je sais qu’au sein du MPP, il y a des gens qui veulent ma tête. Mais cela ne m’arrêtera pas. Je suis candidate à la présidence de la Chambre de commerce. C’est une question de confiance. Si les gens acceptent les intrigues de certaines personnes, il n’y a pas de problème. C’est le peuple qui a voulu le changement et moi aussi je le veux, mais s’il veut encore repartir avec les anciens, il n’y a pas de problème. Je prends l’exemple avec le président du Faso, que tu l’ais voté ou pas c’est ton président. Quelle que soit la personne qui sera élue, elle sera le président de la Chambre de commerce et mon président. Il n’y a même pas de bagarre. Je pense que dans cette histoire, il faut laisser le régionalisme. La Chambre de commerce a été tenue pendant plusieurs années par quelqu’un qui était du Nord. Nous n’en avons jamais fait cas. Quand il est mort, c’est quelqu’un d’autre du Nord qui en a pris les rênes. Dans le milieu des opérateurs économiques, je n’ai jamais entendu quelqu’un parler de ça. Aujourd’hui nous voyons certaines personnes appeler des opérateurs économiques pour dire que c’est telle personne qui doit être présidente de la Chambre de commerce. Les choses doivent changer.



Entretien réalisé par

Mohamed Arnaud Ouédraogo

Jean Philibert Somé (stagiaire)

(1) Justice burkinabè : « Concorde » raconte son odysée judiciaire ; article paru dans L’Observateur paalga du 16 mai 2016
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