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Travailleurs déflatés des sociétés d’Etat
Publié le jeudi 28 juillet 2016  |  Sidwaya
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© Autre presse par Jeanine Kambiré
Le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) a rencontré les responsables la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) dans l’après-midi du 20 juillet 2016 au siège de la fédération à Ouaga 2000. Photo : Benoît Kambou, président du HCRUN




Le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) a rencontré, le mercredi 27 juillet 2016 à Ouagadougou l’association des travailleurs déflatés des sociétés d’Etat. Ils ont exposé les difficultés auxquelles ils font face depuis les liquidations desdites sociétés.

Il est 9 heures ce mercredi 22 juillet 2016. Une foule agglutinée devant les locaux du Conseil économique et social suscite le regard interrogateur des passants de l’avenue de la Présidence. Ce ne sont pas des grévistes comme on le constate le plus souvent ces derniers mois à Ouagadougou. Nous apprenons, en effet, qu’il s’agit des travailleurs déflatés des sociétés d’Etat qui ont rendez-vous avec le comité exécutif du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN). Dans la cour, une horde de journalistes retardataires s’empresse de rejoindre la salle, mais elle se heurte à un second dispositif sécuritaire, contexte de terrorisme oblige. Passée l’étape des formalités, journalistes et ex-travailleurs parviennent enfin à accéder à la salle aménagée à cet effet. Quelques minutes plus tard, le président du HCRUN, Pr Benoit Kambou, y fait son entrée. Le président de l’association nationale des travailleurs déflatés, Karim Niankara, décline d’entrée l’objet de leur présence. «Les travailleurs déflatés sont issus d’une trentaine de sociétés d’Etat. Ils ont été collectivement licenciés dans le cadre de l’application du programme d’ajustement structurel au Burkina Faso qui a occasionné la restructuration ou la privatisation ou encore la liquidation pure et simple de ces sociétés. Nous avons demandé à rencontrer le HCRUN pour lui exposer nos difficultés et demander un examen rapide de nos dossiers en vue de notre dédommagement», confie-t-il. Quant aux modalités de dédommagement, poursuit-il, l’association nationale des travailleurs déflatés réclame l’application d’une mesure prise par la Banque mondiale lors de l’entrée en vigueur du PAS, faisant état d’une indemnisation spéciale à hauteur de 60 mois de salaires à verser à chaque travailleur déflaté et qui n’a malheureusement pas été respectée par l’Etat burkinabè.

La «misère» des déflatés

La prise de contact se mue en un exposé des conditions de vie des ex-travailleurs. Dans une série d’interventions, ceux-ci se livrent à une description pitoyable de la «misère» dans laquelle baignent leurs familles. «Dislocation des familles par divorce», «déscolarisation des enfants», «perte de dignité» reviennent régulièrement dans les différents discours. Deux heures durant et dans une atmosphère empreinte d’émotion, les ex-employés n’ont pas fait l’économie de toutes les facettes de leur sort peu enviable. Près de deux décennies après, M. Niankara et ses camarades, toujours habités par la colère, continuent de dénoncer les institutions de Bretton Woods qu’ils accusent d’être à l’origine de leur malheur.
Le face à face révèle des chantiers difficiles et une tâche laborieuse pour Pr Benoît Kambou et ses collaborateurs. «Ce fut l’occasion pour nous d’entendre les doléances des représentants des différentes corporations. Ils ont détaillé les circonstances qui ont conduit à la liquidation de leurs sociétés respectives et les conséquences désastreuses qui s’en sont suivies », indique le président du HCRUN. Les témoignages qui évoquent les difficiles conditions des ex-travailleurs, souligne M. Kambou, ne peuvent laisser personne indifférent. Et de conclure : «Nous leur avons demandé de prendre leur mal en patience, tout en les rassurant que leurs cas figurent parmi les 5000 dossiers que le HCRUN aura à examiner». L’usine Faso Fani, la Banque nationale de développement du Burkina Faso, l’Office national des puits et forages, la Caisse générale de péréquation, les Centres régionaux de produits agricoles (CRPA), l’Imprimerie nationale du Burkina, le Centre national de traitement de l’information (CENATRIN) sont, entre autres, les sociétés d’origine des ex-employés. Créée en décembre 2000, l’association des travailleurs déflatés a pour objectif de permettre aux licenciés, victimes du PAS, d’entrer en possession de leurs droits.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr
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